Les Girondins de Bordeaux 1986-87

Champion de France, Vainqueur de la coupe de France et demi-finaliste de la défunte coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, retour sur la plus grosse saison de l’histoire des girondins de Bordeaux. Pourtant la saison 1986-87 marque un tournant pour le club de la Gironde. Champion 1984 et 1985, Claude BEZ a mis la main au porte monnaie pour reconquérir le titre parti dans la capitale (voir l’article sur le PSG champion de France 1986) et ce n’est pas moins de 5 internationaux qui débarquent pendant l’été 1986 au Haillan, le nouveau centre d’entrainement luxueux que BEZ vient d’offrir à Aimé JACQUET. Arrivent en Gironde : Jean-Marc FERRERI véritable révélation du championnat de France (voir l’article sur Auxerre-Milan AC 1986), on le voyait marcher sur les places de Platini et le rejoindre dans le calcio avant de prendre sa place chez les bleus, c’est un véritable coup de force réaliser par les girondins sur le marché des transferts. Pourtant ce transfert ne perturbe pas plus que ça le jeune meneur de jeu qui déclarera un déjà entendu : « A Bordeaux, on n’a pas le droit d’être moyen » puis d’ajouter plus dans l’originalité : « Je joue dans une grande équipe, j’habite une maison calme à la campagne, J’ai simplement du revoir ma cave. J’étais plutôt Bourgogne, je me suis mis au Bordeaux ». Ferreri la joue décontracte mais la pression est lourde sur ses épaules, cette saison il doit faire oublier, l’icône, Alain GIRESSE parti sur la canebière.

GIRESSE était un monument à Bordeaux où il a joué plus de 500 matchs entre 1970 et 1986 et lui-même avait conscience que son départ serait une mini révolution : « Quoi qu’il arrive mon départ de Bordeaux laissera des traces » déclarera t’il dans Mondial en novembre 1986. Ferreri doit remplacer Gigi mais il ne sera pas seul, Bordeaux pour l’aider à recruter un autre meneur de jeu de talent, international et revenant du Mexique aussi, il s’agit du très talentueux Philippe VERCRUYSSE mais il faut croire qu’Aimé JACQUET avait des craintes dans l’animation offensive car il a obtenu de son président la signature du Nantais José TOURÉ. TOURÉ c’est le joueur maudit de 1986 où une vilaine blessure l’a empêché de disputer la coupe du monde (voir l’article sur la rencontre Nantes-Inter de Milan 1986), et il arrive chez les girondins avec un esprit revanchard le José : « Si je n’avais pas voulu me surpasser, je n’aurais pas signé en Gironde ». A ces 3 internationaux français s’ajoutent les arrivées de deux stars du football yougoslave : les frères Vujovic (voir l’article sur les frères Vujovic).
Avec de tels renforts les Girondins de Bordeaux se présentent comme les principaux outsiders pour contester le titre national. L’équipe démarre la saison correctement tant en championnat qu’en coupe d’Europe qui est l’objectif numéro 1 de Claude BEZ, lui qui veut voir son club être le premier à soulever une coupe d’Europe. En octobre, les girondins prennent la place de leader et après avoir sortis les amateurs irlandais de Waretford en coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, ils se voient opposer leur premier véritable test de la saison au second tour. Bordeaux en 1/8ème de finale affronte le Benfica de Lisbonne.

Pour contrer les portugais, JACQUET mis en place une nouvelle composition d’équipe assez originale à l’époque pour en parler ici. Devant DROPSY, BATTISTON évoluait en libéro avec 2 stoppeurs à ses côtés, l’expérimenté Léonard SPECHT et le jeune Alain ROCHE, qui a 19 ans goutte pour la première fois au plaisir des joutes européennes, enfin un plaisir qui ne le laisse pas indifférent : « Avant un match, j’ai le trouillomètre à zéro. Il m’arrive de vomir. Par la force des choses cela me fait prendre conscience du match et me pousse à être bon ». Ensuite on a un milieu de terrain composé de TIGANA-GIRARD-VERCRUYSSE renforce sur les côtés par THOUVENEL (voir l’article sur JC THOUVENEL) à droite et Zoran VUJOVIC à gauche. Enfin les deux francs tireurs de l’attaque sont Jean-Marc FERRERI et Zlatko VUJOVIC. La formule a du bon et Bordeaux ramène un bon match nul, 1-1, du Stadio de la Luz avant de s’imposer par la plus petite des marges à Lescure. Bordeaux va pouvoir passer l’hiver au chaud, il jouera les ¼ de finale de coupe d’Europe. Mais en championnat l’équipe baisse un peu le pied et les échéances européennes du printemps font prendre conscience à Aimé JACQUET qu’il lui faut un véritable avant-centre aux côtés de VUJOVIC et que ce n’est pas le rôle de FERRERI. JACQUET demande à Didier Couécou, ancien attaquant du club, de lui trouver un avant-centre. Couécou part en Suisse et ramène un certain Philippe FARGEON (voir l’article sur FARGEON et l’histoire rocambolesque de son transfert à Bordeaux). Avec Fargeon, Bordeaux va passer la vitesse supérieure, auteur de 15 buts en 18 matchs lors de la phase retour, Philippe FARGEON transcende les Girondins en championnat mais aussi en coupe.

Lors du ¼ de finale, ils doivent se débarrasser du Torpedo de Moscou, véritable poison à jouer et après un succès 1-0 à Lescure, les bordelais vont arracher une qualification au bout du suspens en Georgie (il faisait trop froid pour jouer à Moscou alors le match eu lieu à Tbilissi) grâce au but à l’extérieur après une défaite 3-2. En demi-finale une nouvelle équipe du bloc de l’Est arrive à Bordeaux : Le Lokomotiv LEIPZIG. Les bordelais se font piéger comme des bleus à Lescure et compromettent leurs chances en s’inclinant 1-0. Mais de l’autre côté du mur, 15 jours plus tard les bordelais réussissent à renverser la vapeur et à la fin du temps réglementaire ils mènent 1-0 grâce à Zlatko VUJOVIC mais c’est son frère ZORAN qui fait la plus forte impression (du moins jusqu’aux tirs aux buts) muselant LEITZKE, le meilleur allemand, pendant 120 minutes. Les 2 clubs doivent se départager aux tirs aux buts, Zoran, toujours lui, ne veut pas participer à la séance mais quand 6 tireurs l’ont fait de chaque côté il ne lui reste plus trop d’échappatoires. Zoran s’avance les jambes lourdes vers le point de penalty et comme bien souvent, le joueur ayant livré une prestation mémorable manque son péno. Sauf que pour Zoran, il se déchire totalement même un pupille aurait arrêté cette frappe et puis j’en ai trop parlé de ce péno, déjà la dernière fois sur le sujet des frères VUJOVIC, alors je vous laisse juge :

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Bordeaux n’étaient pas loin de la finale européenne et dois se rabattre sur les compétitions nationales. La fin de championnat est enlevée, tandis que bordeaux est encore groggy de son élimination dans l’épreuve aléatoire des tirs aux buts, derrière lui l’Olympique de Marseille fond à toute vitesse. Bordeaux tient le choc et enlève son 3ème titre de champion de France en 4 ans lors de la 37ème journée en l’emportant 1-0 sur St-Etienne à Lescure, un but signé… Philippe FARGEON évidemment.

Mais le bouquet final c’est en coupe de France qu’il va arriver, l’épreuve nous offre une finale de rêve, la revanche de l’année passé, l’ultime défi entre les deux meilleures équipes françaises de l’année. Bordeaux affronte son rival direct, l’Olympique de Marseille. Les girondins vont faire une démonstration et prouver à la France entière que cette saison là, ils étaient bien la meilleure équipe française. Victoire nette et précise 2-0 avec un but de l’inévitable Philippe FARGEON sur un caviar d’ouverture de Jean-Marc FERRERI et un autre de son alter-ego en attaque : Zlatko VUJOVIC après un travail titanesque de Thouvenel, qui remonte tout le terrain pour offrir devant le but vide le but de la victoire au yougoslave, la preuve avec les deux buts en vidéo :

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Grand match, grande saison des girondins. Personnellement je ne suis pas un supporter des girondins mais je me souviens d’avoir vécu cette campagne européenne avec émotion (d’un côté ça avait été une bérézina pour les clubs français, hormis l’exploit de Toulouse face à Naples). La double confrontation face au Torpedo Moscou était insoutenable. Un match aller où les girondins baladent littéralement les moscovites sans trouver la faille jusqu’au moment où Fargeon libère tout le monde ! Et ce match retour à 3-2 où les secondes duraient des heures !! La demi-finale retour aussi était grande, car aller gagner 1-0 en Allemagne de l’est n’est pas un mince exploit mais il y avait la place pour marquer ce second but qui ne viendra jamais et qui nous offrira pas cette finale de rêve face à l’Ajax entrainé par CRUYFF et son jeune capitaine, un certain Marco VAN BASTEN.
En tout cas avec tant d’émotions, il y a un homme qui ne s’était pas trompé en cours de saison, c’est Aimé JAQUET, qui déclarait en novembre 1986 : « le foot restera le sport numéro un, qu’on le veuille ou non. Il ira toujours droit au cœur de tous » et après une telle déclaration, comme le dis si bien Maxwell : « ce n’est pas la peine d’en rajouter »
Voici l’effectif des Girondins de Bordeaux version 1986-87 vu par Panini

Dominique DROPSY

Jean-Christophe THOUVENEL

Leonard SPECHT

Patrick BATTISTON

Zoran VUJOVIC

René GIRARD

Jean TIGANA

Philippe VERCRUYSSE

Jean-Marc FERRERI

Zlatko VUJOVIC

José TOURE

Gernot ROHR

Alain ROCCHE

Aimé JACQUET

L’équipe de Bordeaux 1986-87














Et puis cadeaux un portefolio de la lutte de Jean TIGANA pendant toute cette campagne européenne :

Tigana en 1/8 de finale face au Benfica de Lisbonne
Tigana en 1/4 de finale face au Tropedo de Moscou
Tigana en 1/2 finale face au Lokomtiv de Leipzig

10 commentaires:

  1. leonard specht est devenu un vieil expert comptable !

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  2. y'a pas à dire Max tu t'y connais en ancien joueur

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  3. Waoh quelle équipe, des purs champions! Mais comment faire jouer Vercruysse, Ferreri et le Brésilien ensembles? le tir de Vujovic bis :-(

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  4. Les 3 n'ont jamais vraiment joué ensemble. Longtemps a été écarté des terrains (convalescence après sa grave blessure) et puis quand il est revenu Vercruysse était un super joker de luxe.

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  5. merci pour ta réponse! dommage ça aurait pu faire la différence en C1 s'ils étaient tous valides

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  6. Cette année là il jouait la C2 (Paris était champion et eux avaient battus l'OM en coupe de France). L'année suivante ils se feront sortir en 1/4 de finale face au PSV et comme l'OL en 2005 de façon assez rageante. Les Hollandais avait fait exprès d'agresser Tigana et avaient expliquer après que ça faisait parti de leur tactique (Ronald KOEMAN)

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  7. ah merci pour tes lumières! l'OL n'a pas retenu la leçon de Bordeaux en 2005! c'était vraiment rageant!

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  8. Et puis surtout y'avait péno sur Nilmar

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  9. De mémoire, Koeman après le match : "Le geste de Gillhaus [sur Tigana], c'était la classe". Grande classe aussi le hollandais, fallait vraiment qu'il soit bon pour que Cruyff l'emmène au Barça. Dans le genre classe, je crois aussi que Bez avait, à l'occasion de ce match, offert des putes aux arbitres.

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  10. @ Lanzada, c'est marrant je croyais que les putes, BEZ les avaient offert à des arbitres français pour des matchs de championnat. D'un côté c'est pas incompatible de le faire aussi avec des arbitres européens.

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