Sondage : La Vignette du mois de Novembre 2010

Ça y'est le mois de novembre touche à sa fin et il faut déjà re-voter pour la vignette du mois et trouver un remplaçant à Chris WADDLE.
Le mois de novembre a été chargé avec quelques thématiques qu'on va retrouver dans les 10 vignettes qui suivent. Novembre a commencé avec une semaine spéciale Belgique, Bruges, Anderlecht, les diables rouges, le plat pays était à l'honneur. Ensuite pour le championnat sur facebook  j'avais balancé une vignette sur Cuciuffo ancien champion du monde et ancien crocodile nîmois. Nous fûmes plusieurs à nous interroger sur les raisons de sa disparition et du coup j'ai mené l'enquête et enchainé sur plusieurs sujets sur Nîmes et notamment son mythique gardien Landi qu'on va retrouver dans le sondage. Enfin ce fut une spéciale rétro sur la coupe du monde 78 à travers quelques histoires insolites. Enfin novembre a été marqué par mon premier voyage en Pologne et depuis 15 jours c'est une très grosse plongée dans le foot polonais.
Voici les 10 vignettes les plus marquantes du mois de novembre parmi 354 vignettes ajoutées !!
10 vignettes mais seulement 8 joueurs, il m'a été impossible pour Landi et Szarmach de me décider, je vous laisse donc cette responsabilité !! Au fait pour voter il vous suffit de faire selon votre bon vouloir c'est la seule règle ! En revanche tous vos commentaires pour expliquer vos votes sont les bienvenus.

Luc MILLECAMPS
Raymond GOETHALS
Frankie VERCAUTEREN
Ernst HAPPEL
Khemais LABIDI
Louis LANDI-1
Louis LANDI-2
Andrzej SZARMACH-1
Andrzej SZARMACH-2
Jacek ZIOBER





L'exode des polonais : Lubanski le maudit


Dernier joueur de cette mini-saga sur l’exode des polonais après le formidable mondial 1974 : Wlodzimierz LUBANSKI (voir sommaire de tous les joueurs de cette saga : l’exode des polonais ou le plan du site).
Avant de commencer, je tenais à remercier et saluer Pascal Smigiel, membre très actif de l’excellent site foot nostalgie, qui a écrit en quantité mais surtout en qualité sur le football polonais dans les années 70 et son travail m’a beaucoup inspiré ces dernières semaines pour vous parler de football polonais. Pour cet article de Lubanski, il s’agit essentiellement de son travail, je me suis contenté de l’illustrer pour vous faire partager sa passion du foot polonais, de ce formidable joueur mais aussi ses regrets sur sa carrière brisée par un hooligan en crampons.
Comme j’en suis aux remerciements, un grand merci à Claude et Nicolas pour leurs envois toujours d’une qualité irréprochable. La qualité esthétique et l’audience du blog sont toujours en progression, et ils y en sont les grands responsables et ça je ne l’oublie pas.
Maintenant place à Wlodzimierz LUBANSKI :

Dans les années soixante, quand l’équipe du Gornik Zabrze part en tournée en Amérique du Sud les journalistes péruviens et brésiliens enthousiastes écrivent : « Le Pelé blanc arrive ». Le Pelé blanc c’est Wlodzimierz Lubanski le fantastique avant centre du club des mineurs de Silésie, l’un des meilleurs joueurs polonais de tous les temps mais également le plus malchanceux ...
Né en février 1947, le jeune Wlodzimierz montre très tôt d’étonnantes prédispositions pour le football. Après avoir évolué dans les équipes de jeunes de Gliwice il attire très rapidement la convoitise des grands clubs polonais. C’est le Gornik Zabrze champion de Pologne en titre qui engage le prodige. C’est dans une équipe déjà performante que débarque, à quinze ans, le jeune Lubanski. Loin de jouer les faire-valoir il fait ses débuts en première division à seize ans et remporte son premier titre de champion. 

C’est le début d’une longue histoire pour le jeune attaquant qui dès la saison 63/64 devient l’indiscutable titulaire du poste et ne le quitte plus disputant 234 matchs de championnat avec le Gornik et inscrivant 155 buts. Il se forge un palmarès impressionnant en remportant avec son club au moins un trophée par saison de 1963 à 1972 (7 championnats de Pologne et 6 coupes). Au niveau des récompenses personnelles l’attaquant du Gornik termine 4 fois de suite meilleur buteur du championnat de Pologne.


Le Gornik Zabrze commence à obtenir des résultats intéressants dans les compétitions européennes. Lors de la saison 67/68 le club des mineurs s’incline en quart de finale de C1 face au futur vainqueur Manchester United (0-2 ; 1-0). Le point d’orgue est atteint lors de la saison 69/70 puisque l’équipe de Zarbze devient le premier, et le seul, club polonais à accéder à une finale européenne. Après avoir éliminé successivement l’Olympiakos, les Glasgow Rangers, le Levski Sofia et l’AS Roma l’équipe de Lubanski affronte Manchester City en finale. Un match au goût bizarre pour les Polonais. Alors que le score est de 2 à 1 en faveur des Anglais, Lubanski trouve le chemin des filets et égalise. Malheureusement au même moment l’éclairage du stade de Vienne est coupé et l’arbitre n’accorde pas le but polonais prétextant qu’il n’a rien vu. Le score en reste là et Manchester est déclaré vainqueur. Comme il le fait en championnat, Lubanski trouve régulièrement le chemin des filets européens avec 30 buts en 43 matchs.

En avril 1963, Lubanski devient à 16 ans et demi le plus jeune international polonais de tous les temps. Ce jour là face à la Norvège la Pologne s’impose par 9 à 0 et le jeune Wlodzimierz marque même son premier but sous le maillot des Aigles. Comme en club Lubanski va rapidement s’imposer comme un titulaire indiscutable avec l’équipe nationale. Rapidement Lubanski devient le capitaine de la sélection et c’est le brassard au bras qu’il reçoit la médaille d’or lors des Jeux Olympiques de 1972. Puis arrive cette tragique journée du 6 juin 1973 où les Polonais reçoivent les Anglais en match éliminatoire de Coupe du Monde et s’imposent sans coup férir par 2 à 0. Lubanski est à l’honneur en marquant le second but polonais après s’être joué facilement de Bobby Moore. Malheureusement quelques minutes après son but il est victime d’un attentat de la part d’un défenseur anglais. Lubanski ne se relève pas et quitte la pelouse sur une civière. Le genou en bouillie l’avant centre polonais ne reviendra pas sur le terrain. Les Polonais ayant été chercher leur qualification à Wembley, le génial Wlodzimierz va rater le rendez-vous dont tout footballeur rêve : la Coupe du monde. Ce Welmeisterschaft 74 qui aurait du lui permettre d’obtenir une reconnaissance internationale proportionnelle à son immense talent il va le suivre sur son lit de souffrance. Les techniques opératoires de l’époque n’étant pas aussi performantes que de nos jours Lubanski ne retrouvera plus jamais l’intégralité de ses capacités physiques. Donné perdu pour le football il ne porte de nouveau le maillot blanc frappé de l’aigle qu’en octobre 1976 après trois années d’absence. 

En 1978, Lubanski participe à la coupe du monde en Argentine. Titulaire au début de la compétition il est peu à peu supplanté par une nouvelle étoile montante du football polonais Zbigniew Boniek et finit la compétition comme remplaçant. En septembre 1980, dix sept ans après son début en équipe nationale, Lubanski honore sa 65ème et dernière sélection face à la Tchécoslovaquie. En cette occasion Wlodzimierz marque son 44ème but pour la sélection dont il est toujours le meilleur buteur.
En 1970 Lubanski dispute un match de gala pour l’UNICEF avec une sélection européenne. Son entente sur le terrain avec Amancio est telle que ce dernier lui demande s’il serait intéressé par un contrat au Réal Madrid. Le jeune Lubanski répond bien sur par l’affirmative. Ce transfert n’aura pourtant jamais lieu l’offre de 1 million de dollars formulée par le club madrilène ayant été rejetée par la fédération Polonaise. Ce n’est qu’en 1975 que Lubanski sera autorisé à quitter la Pologne. Certes il n’a pas encore atteint l’âge requis de 30 ans, mais les instances dirigeantes lui accordent ce bon de sortie en raison de son état physique. 

L’attaquant polonais rejoint donc les rangs de Lokeren où il reste 7 saisons. A force de volonté il retrouve un niveau plus conforme à son talent et dispute 196 matchs de championnat de Belgique avec 82 buts à la clé. A 35 ans Lubanski arrive en France. Il joue une saison avec l’US Valenciennes (meilleur buteur du championnat de D2) et termine sa carrière de joueur à Quimper en 1985. Une fois les crampons raccrochés il s’essaie à la carrière d’entraîneur mais s’aperçoit rapidement que ce métier n’est pas fait pour lui. Il retourne s’installer en Belgique pour devenir agent de joueur, métier qu’il exerce toujours actuellement. Lors du jubilé de l’UEFA, chaque pays doit choisir son meilleur joueur des 50 dernières années. C’est Wlodzimierz Lubanski qui est choisit par la Pologne. Une récompense amplement méritée pour ce joueur peut être le plus doué du football polonais mais également le plus malchanceux.

La fiche de Wlodzimierz Leonard LUBANSKI
Né le 28 février 1947 à Sosnica
1m78 ; 76 kilos
Avant centre
65 sélections - 44 buts
Palmarès :
7 titres de champion de Pologne (63-64-65-66-67-71-72)
6 coupes de Pologne (65-68-69-70-71-72)
4 fois meilleur buteur du championnat de Pologne (66-67-68-69)
Médaille d’or des Jeux Olympiques de 1972
Finaliste de la coupe des vainqueurs de coupe 1970
Lauréat du prix du fair play de l’UNESCO en 1978
Clubs :
1963-1975 Górnik Zabrze
1975-1982 KSC Lokeren
1982-1984 US Valenciennes-Anzin
1984-1985 Stade Quimpérois

P.S : Merci au tandem Claude-Cédric pour la vignette qui suit de Lubanski à Valenciennes en 1983 :


L'exode des polonais : Joachim MARX

Récemment on a parlé de l'éclosion d'Andrzej SZARMACH lors de la coupe du monde 1974 (voir l'article sur Andrzej SZARMACH) mais cette éclosion a provoqué des dommages collatéraux dont la principale victime fut Joachim MARX.
Comme on l'a vu  dans l'article : Pologne 1972-74 les bases d’une grande épopée, le sélectionneur polonais Gorski s'appuie sur l'équipe championne olympique de 1972 à Munich pour préparer sa sélection pour le mondial 1974. L'ossature est la même mais il y apporte quelques retouches, certaines obligées comme le remplacement de Lubanski écarté des terrains pendant presque 3 ans suite à l'agression de l'anglais Ball, mais aussi par un souhait d'intégrer de jeunes pousses pouvant insuffler une fougue et une certaine insouciance dans cette génération. Ce sont par exemple le défenseur ZMUDA ou l'attaquant SZARMACH. Ce dernier prend tout simplement la place d'un certain Joachim MARX, avant centre des champions olympique en 1972. 

MARX avait pourtant des stats honorables avec la sélection (10 buts en 23 sélections) mais Gorski préféra misé sur le jeune SZARMACH pour épaulé les GADOCHA et LATO en attaque, ce fut un pari risqué mais ce fut un pari gagnant quand on voit la performance de l'attaque polonaise pendant la coupe du monde 1974 (voir article : Pologne 1974 : A la conquête du titre mondial).  En effet écarté MARX était un pari risqué car l'attaquant était un joueur de renom en Pologne, avant centre d'une des meilleures équipes du pays le Ruch Chorzow avec qui il sera deux fois champion et une fois vainqueur de la coupe, en 1974 justement où il inscrit 2 buts en finale. il passera 6 saisons à Chorzow, inscrivant 66 buts en 162 matchs de championnat. Si ces excellents états de services laisse froid le sélectionneur Gorski, ils le laissent pas insensible les dirigeants du RC Lens, qui font venir pour la saison 1975-76 le polonais, qui a 31 ans à le droit de quitter la patrie.
Pour sa première saison, voici comment le décrivait les éditeurs Panini en France (voir article sur le RC Lens 1976) : Avant centre. International Polonais. Vient de Ruch Chorzow. Puissant, mobile, opportuniste et buteur né. 

Et ils ne se trompent guère, sa première saison dans le nord est une réussite : 26 matchs et 15 buts en 1ère division, pas mal pour une première saison à l'étranger. Ensuite c'est plus difficile il ne marque que 6 buts la saison suivante qu'il dispute dans son intégralité et en 1977/78 il  plante tout de même 13 pions mais ses 34 piges commence à se sentir. Marx décide alors de descendre à l'étage inférieur histoire de faire jouer son expérience de joueur international en division 2.

Joachim MARX, débarque alors à Noueux les Mines en 1979, tout juste promu de division 3 avec à sa tête un jeune entraineur aux méthodes atypiques et nouvelles dans le football. MARX permet au modeste club du Pas de Calais de se maintenir chez les pros (13 buts à chacune de ses 3 saisons) et rate même l'accession en 1ère division de peu. Lors de sa seconde saison en 1980-81, MARX et Noeud les Mines termine 2ème de leur groupe et jouent les barrages. Lors de ces barrages ils doivent affronter Toulouse. Au match aller à domicile ils l'emportent 2-0 et l'exploit est en vue (A l'époque la division 2 est composé de 2 groupes, chaque équipe qui termine 1ère monte directement en 1ère division et les 2ème s'affrontent pour avoir le droit de défier en match aller retour le 18ème de division 1 pour chopper le dernier strapontin, un véritable sacerdoce pour accéder à l'élite du football français) mais Marx et ses coéquipiers  explosent au retour encaissant un cinglant 5-0 sur le pelouse du TFC et reste en division 2.

La saison suivante, Noeud les Mines est dans le trio de tête toute la saison. Au soir de la dernière journée du groupe B de cette saison 1981-82, Noeud les Mines est 2ème et tient sa place pour les barrages mais une sévère défaite 4-1 au Havre profite à Mulhouse qui ravit à l'ultime journée la place de barragiste. Le plus frustrant est que Mulhouse par la suite tapera facilement Thonon les Bains (le second du groupe A) et balaiera Valenciennes alors 17ème de division 1 pour monter en 1ère division. Beaucoup de regrets pour les joueurs de Noeud les Mines. Mais de telles prestations ne laissent pas insensibles les clubs de 1ère division, qui veulent tous enrôler ce jeune entraineur qui fait des miracles avec une équipe qui était en division 3 il n'y a pas si longtemps. Au fait cet entraineur était un certain Gérard Houiller !!


Bien sûr ce sont les clubs de la région qui essaient de l'enrôler et en 1982 Houiller part au RC Lens avec comme adjoint son avant centre Joachim MARX. HOUILLER dans le nord fait ses preuves au plus haut niveau et en 1985 il est recruté par le PSG. C'est alors tout logiquement que MARX prend le relais, mais ce spécialiste de la formation (il a été responsable du centre de formation) est beaucoup moins à l'aise avec les pros. 

La saison 87-88 est catastrophique mais les sang et or sauvent leur peau au prix d'un miracle lors de la dernière journée. En effet après la 37ème journée Lens est 19ème et reléguable. Mais une victoire 3-1 sur le 17ème (Niort) + un match nul du 18ème (Brest) permettent au sang et or de gagner 2 places et de non seulement sauver leur peau mais aussi d'éviter les barrages. En revanche le sort de Marx sur le banc de touche est scellé, il doit quitter le club. il part alors entrainer la Roche sur Yon et enfilera même les crampons pour quelques piges (il a alors 46 ans). Mais c'est dans la formation qui se sent le plus à l'aise et intègre la fédération française et devient le directeur du centre de pré-formation de Liévin pendant de nombreuses années. Fort de son expérience il a lancé de nombreux joueurs devenus pros dont certains d'origine polonaise. Pour ces derniers, il essaye de les convaincre d'opter pour la nationalité polonaise. Les derniers en date sont Timothee Kolodziejczak (Olympique Lyonnais) et Laurent Koscielny (Arsenal) mais jusqu'à présent ces 2 joueurs ont refusé.
Joachim MARX aujourd'hui est revenu au RC Lens où il a intégré la cellule recrutement, notamment des jeunes espoirs.

Jacek ZIOBER

On ne pouvait pas parler de foot polonais indéfiniment sur Old School Panini sans parler d’une des terreurs du championnat de France et des salons de coiffure de Montpellier : Jacek ZIOBER. Jacek ZIOBER est né à Lodz en 1965 et débute naturellement sa carrière professionnelle dans le prestigieux club de la ville, le LKS où s’est illustré le grand gardien Jan Tomaszewski (voir l’article sur Tomaszewski). ZIOBER est un joueur précoce et fait ses grands débuts en première division à 17 ans. Petit, trapu mais extrêmement rapide, ZIOBER est un ailier insaisissable. Même si Lodz ne joue pas les premiers rôles, ZIOBER éclabousse le championnat et est élu à 25 ans meilleur joueur du championnat. Il intègre un cercle très fermé où figure les noms de Deyna, Kasperczak, Lato ou Boniek. Cette performance lui vaut d’attirer les convoitises des clubs d’Europe de l’ouest seulement Ziober n’a que 25 ans et comme on l’a vu dans la mini saga sur l’exode des polonais, il faut avoir 30 ans pour qu’un joueur puisse quitter la patrie. Mais nous sommes en 1990 et dans tous les pays du bloc de l’est, le régime communiste s’effrite tel le système Domenech en Afrique du Sud. 

Ziober en profite et quitte le pays, baluchon sur l’épaule et débarque à Montpellier où, le toujours très politiquement correct, Loulou Nicollin l’engage pour remplacer Eric CANTONA retourné à l’OM et qui a permis à Montpellier de remporter leur seconde coupe de France de leur histoire après celle de ….1929. C’est une grosse pression sur les épaules du petit ailier polonais lorsqu’il débarque à la Mosson en cet été 90 et le polonais ne vas pas se dégonfler, livrant régulièrement, pour sa première saison, des prestations de haute volée.
Et c’est sur la scène européenne surtout qu’il va livrer ses plus beaux faits d’armes. Au 1er tour de la défunte coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, Montpellier rencontre l’ancien vainqueur de la coupe d’Europe des clubs champions (1988) le PSV Eindhoven, et pour son premier match européen, ZIOBER inscrit le seul but des 2 rencontres et qualifie donc Montpellier qui va réaliser une superbe campagne européenne.
Voici le but de Ziober qui élimine le PSV Eindhoven :

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 Au tour suivant Montpellier reçoit les roumains du Steaua Bucarest, un autre ancien champion d’Europe en 1986 grâce à son gardien Helmut DUCKADAM (voir l’article sur le héros et le dictateur). Le match aller à lieu à Montpellier et les protégés de Loulou Nicollin explose le Steaua 5-0 avec un doublé de notre Ziober. Au retour même punition, Montpellier s’impose en Roumanie 3-0 s’il vous plait, 8-0 sur les deux matchs face à une équipe championne d’Europe 4 ans plus tôt, cela dit comme je le disais plus haut, en cette année 90 tout s’effrite à l’est.
Comme la coupe des coupe ne débutait qu’au stade des 1/16ème de finale, Montpellier à droit de passer l’hiver au chaud, il connaitra un printemps européen. Un printemps délicat car il emmène les hommes de Kasperczak (ah oui j’avais oublié de le dire que c’est l’ancienne gloire du football polonais qui entrainait Montpellier et qui n’était pas du tout étranger à la venue de Ziober dans l’Hérault, à ce sujet voir l’article sur Kasperczak), donc je disais ce printemps emmène les hommes de Kasperczak à Old Trafford affronter M.U.
On ne donne pas cher des montpelliérains et pourtant ils vont plus que chèrement défendre leur peau. Le match ne peut pas plus mal débuté, M.U ouvre le score dès la 1ère minute puis hache le jeu et les diables rouges se montent toujours à la limite de la régularité. Exemple de ce fair play « à l’anglaise » Mark Hugues simule une agression de Pascal BAILLS alors que ce dernier ne l’a pas touché, l’arbitre tombe dans le jeu et expulse injustement le défenseur français alors que nous sommes toujours en 1ère mi-temps. Mais ce fait de jeu va révolter les montpelliérains et plus particulièrement notre ami Ziober, qui amène l’égalisation, ce but (CSC de Lee Martin) est l’exemple parfait du jeu de Ziober : Engagement et vitesse, un véritable poison sur son aile.
Le but en vidéo :

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Montpellier impressionne et fait jeu égal avec les diables rouges toute la 2ème mi-temps bien qu’en infériorité numérique. Mieux même en fin de match sur une énième récupération-débordement de l’inusable, de l’intenable Ziober, Montpellier passe à 2 doigts de l’exploit. Au lieu de raconter je préfère vous laisser juge :

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Ce Ziober est un poison mais ne suffira pas à Montpellier pour éliminer le Manchester United d’Alex Fergusson, qui viendra l’emporter à la Mosson 2-0 avec un superbe Lee Sharpe et remportera quelques semaines plus tard cette coupe d’Europe des vainqueurs de coupes (Victoire 2-1 en finale face au Barça entraine par Cruyff).

ZIOBER a été époustouflant dans cette campagne européenne et insuffle le même tempo en championnat pour être la révélation de cette saison 90/91 en division 1 où on est peu habitué à voir des attaquants de ce style. Une anecdote sur ses débuts en France, Montpellier se déplace à Gerland pour le compte de la 12ème journée et Montpellier boit la tasse en 1ère mi-temps et regagne les vestiaires avec un bon 3-0 dans les pattes et ce qui se passe à la mi-temps je laisse l’intéressé le raconter : « Lors d’un match à Lyon j’avais joué blessé. A la mi-temps je suis allé voir le kiné pour me faire injecter des antidouleurs. Nicollin est entré et il a dit :’Les mecs qui sont chez le kinés ils jouent pas !’ Moi je voulais continuer. Du coup j’ai pris mes affaires et je suis rentré directement chez moi sans regarder la deuxième mi-temps. Le lendemain, Loulou voulait nous faire rencontrer le personnel de sa société. Quand je suis arrivé, il s’est écrié’ Lui, regardez-le bien. C’est le Polonais qui a des couilles ! »
Pour l’histoire, Montpellier réussissait l’exploit ce soir de repartir avec le point du match nul (3-3) avec une remontée fantastique et un Laurent Blanc intenable, provoquant une des plus belles bronca jamais entendu à Gerland (je sais de quoi je parle, j’y étais). En tout cas l’anecdote est révèle deux vérités selon moi : Tout d’abord que Ziober était un guerrier sur le terrain, un genre de Gabi Heinze mais en attaquant et ensuite que Louis Nicollin ne sera jamais reçu par la baronne de Rothschild. A l’instant je comparais Ziober à Heinze, et je pense que c’est là que résidais la force de Ziober, il avait une attitude qu’on ne voyait en général que chez les défenseurs, alors que les attaquants de devaient d’être racés, Ziober est arrivé à séduire tout en étant l’opposé.
Jacek ZIOBER était pour moi le Trifon IVANOV du championnat de France, pas élégant sur et en dehors du terrain mais diablement efficace.

Il ne restera que 3 saisons dans l’Hérault avant de partir pour la liga espagnole plus lucrative. En revanche son choix de club ne sera pas des plus judicieux en signant chez Osasuna. SA première saison est plus que correcte 10 buts en 31 matchs mais le club descend. ZIOBER reste pendant 2 saisons à Pampelune en seconde division avant de retourner au pays, au Amica Wronki. IL ne fait qu’une saison et file aux Etats-Unis rejoindre une vieille connaissance de son époque montpelliéraine : Carlos VALDERAMA qui le convainc d’enfiler la tunique des Mutiny de Tampa Bay. Ziober accepte de terminer sa carrière en Floride et raccroche les crampons 2 ans après son arrivée à Tampa. ZIOBER à 34 ans et il aura été international de 1988 à 1993 comptabilisant 8 buts en 46 sélections.
La suite ?
C’est un poste d’entraineur de la sélection polonaise de beach soccer que lui a donné la fédération, poste qui ressemble beaucoup à un emploi fictif car je peux vous affirmer qu’il n’y a pas beaucoup de polonais qui pratiquent le beach soccer en Pologne !! Et d'un point de vue look, il a décidé de se raser la moustache et de se couper les cheveux mais le résultat n'est pas fameux tout de même.

Lille 1976

Petite trêve dans la saga polonaise pour continuer notre fil rouge de l’année 1976. Après Avignon, Bastia, Bordeaux, Lens, le tour de France s’arrête à Lille. Le LOSC en 1976c’est une prestation assez moyenne, les nordistes finiront 13ème au classement avec 14 victoires et 16 défaites et un goal average de – 14. Pas de quoi marqué les mémoires en cette année 76. Seule véritable éclaircie dans la saison : les 19 buts de l’attaquant Christian COSTE, tout de même bien loin des 34 de Carlos BIANCHI avec REIMS.
Comme c’est une habitude maintenant voici la présentation des joueurs avec les commentaires de l’album Panini de l’époque.

Georges PEYROCHE
Marié deux enfants. Ancien international qui joua à St-Etienne, Nîmes, Strasbourg, Stade Français. 3 sélections en 1960 et 61. Entraina Fossemagne et Lunel avant de prendre la succession de Gardien en 1973 au LOSC.
Jean-Noël DUSE
Gardien de but, international espoir. Formé à Grenoble. Grande valeur athlétique, réflexes étonnants.
Bernard GARDON
Arrière-central. Début de carrière pro à Nantes. Stoppeur intraitable. Une sélection en équipe de France.
Patrick DESCHODT
Défenseur. Encore stagiaire. Fils de l’ancien joueur. Formé à Lille. Solide, intraitable.
Antoine GIANQUINTO
Défenseur international. Espoir. Capable de jouer en défense ou en demi.
Ignacio PRIETO
Arrière central solide, travailleur et intelligent. International chilien.
Raoul ICHE
Formé à Lille. Grande efficacité et générosité d’effort.
Michel MEZY
Milieu de terrain adroit et lucide. 17 sélection de 1970 à 1973 lorsqu’il jouait à Nîmes.
Serge BESNARD
Formé à Montreuil, jouait au Red Star avant de signer au LOSC. Footballeur rapide, efficace. International espoir.
Christian COSTE
Avant centre athlétique et opportuniste. Débuts au FC Sète. 5 Sélections en Equipe de France.
Hervé GAUTHIER
Vient de Poitiers. Ailier reconverti en défenseur sobre et sûr. International amateur.
Gabriel DESMENEZ
Attaquant. Fils de l’entraineur ; Technicien remarquable. A joué à Reims avant de signer à Lille.
Stanislas KARASI
Attaquant ou demi-offensif. International yougoslave, habile, combatif, bon de la tête.
Patrick PARIZON
Début à Montceau les Mines. Joua à St-Etienne et à Troyes. Vif, adroit, audacieux. 3 sélections A.
Alain De MARTIGNY
Attaquant ou demi. International amateur. Footballeur adroit et extrêment lucide.

L'exode des polonais : Andrzej SZARMACH

Comme on l’a vu avec les articles sur Deyna, Zmuda ou encore Lato, les joueurs polonais n’ont pas le droit de quitter le pays avant 30 ans et souvent l’intégration est difficile dans les championnats occidentaux mais un joueur lui va parfaitement réussir son expérience à l’étranger malgré ses 30 balais dans les pattes. Andrzej SZARMACH, le plus gaulois des polonais a enflammé les supporters de l’Abbé Deschamps pendant 5 saisons. Son bilan sur les bords de l’Yonne se passe de commentaires : 148 matchs en 1ère division pour 94 buts, il est toujours le meilleur buteur de l’histoire de l’AJ Auxerre en 1ère division.
SZAMARCH était un buteur un vrai, avant d’arriver à Auxerre il avait été élu 7 fois meilleurs buteurs du championnat de Pologne, là aussi ses stats sont éloquentes, en 279 matchs de 1ère division polonaise, SZAMARCH a claqué pas moins de 150 pions ! Recruté à 25 ans pas l’un des trois plus grands clubs du pays de l’époque : Le Stal Mielec de ses potes de sélection (voir les articles sur KASPERCZAK et LATO) et va remporter son seul titre de champion en 1976. 

Bien qu’il soit un attaquant prolifique, SZARMACH devra attendre l’année 75 avant d’avoir l’estime des recruteurs des grands clubs et surtout il lui aura fallu réaliser un mondial allemand extraordinaire. ET pourtant au départ SZAMARCH n’est pas l’option prioritaire de GORSKI qui a son quatuor offensive depuis les jeux olympiques victorieux de 1972. Deyna-Lubanski-Gadocha et Lato sont son quartet offensif devant mener la Pologne à la coupe du monde. Mais sur ce chemin la Pologne rencontre l’Angleterre (voir l’article sur la Pologne 1972-74 les bases d’une grande épopée) et Le genou de Lubanski croise les crampons d’Alan Ball, arrière de la perfide Albion. Lubanski se disloque le genou et ne foulera plus une pelouse pendant 2 ans !!

Gorski doit trouver un remplaçant pour son joyau et il fera confiance au jeune SZAMARCH (24 ans) et ce dernier sera l’homme de la situation, véritable renard des surfaces, son entente avec l’ailier droit LATO et l’ailier gauche GADOCHA est parfaite, si on ajoute à ça un virtuose comme Deyna à la baguette, on a une équipe toute près d’être champion du monde. Voici un but qui illustre l’entente dans le jeu des polonais mais aussi dans la célébration où on voit un Grzegorz LATO (meilleur buteur de la coupe du monde 74) pas avar de bisous !

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En 1978 SZAMARCH est une des vedettes annoncées de la coupe du monde en Argentine, la Pologne répond présente et sort brillamment du 1er tour (en terminant devant la RFA championne du monde en titre), hélas au second tour elel se retrouve dans un groupe de la mort avec que des sud-américains, Bresil, Argentine et Pérou. La Pologne n’arrive pas à se qualifier pour la finale et rentre au pays. Mais l’équipe est toujours aussi brillante et SZARMACH toujours aussi décisif il n’y a qu’à voir ce but (là LATO ne fais plus de bisous il ne pense qu’a réplaquer son immense et quasi unique mèche)

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En 1980, SZARMACH après deux magnifiques coupes du monde est une valeur sûre au marché des grands attaquants internationaux et il va bientôt atteindre la barre des 30 piges synonymes de bons de sortie. Et c’est l’AJA de Guy ROUX qui va rafler la mise. 

Attention à cette époque là le club bourguignon est un tout jeune pensionnaire de division 1 et n’a encore jamais joué l’Europe. Quand Guy ROUX annonce qu’au début de la saison 80/81 : Auxerre joue le maintien, c’st vrais cette fois là. Donc il est étonnant de voir un attaquant qui s’est déjà illustré dans 2 coupes du monde signé chez un promu et venir pour jouer le maintien. En 1981, pour le journal Onze (pas encore fusionné avec Mondial) SZARMACH explique son choix : « Dès le mois de mai, mon compatriote Wieczorek avait signé à Auxerre. Il a parlé de moi aux dirigeants et signalé que j’étais susceptible de venir (j’ai joué avec Henryk à Gornik Zabrze). J’ai rencontré les dirigeants au mois de juin et je suis venu secrètement signer mon contrat » pour autant il faudra attendre le moi de novembre suivant pour voir SZARMACH traumatiser les gardiens adverses. 

Il s’explique aussi là-dessus et confirme que toute star qu’il est il ne bénéficiait d’aucun passe-droit : « la Fédération polonaise ne laisse partir aucun joueur en dessous de trente ans. J’ai donc dû attendre, comme tout le monde ! Finalement, je suis arrivé le 20 novembre à Orly, comme prévu et en accord avec ma Fédération puisque j’ai eu trente ans le 3 octobre. Je n’ai d’ailleurs jamais douté que je viendrais, puisque j’avais signé un contrat »
Et la venue du sosie polonais de José Bové va causer bien des tourments aux gardiens français qui tels des propriétaires de champs de maïs transgéniques face au fameux paysan du Larzac tremblent dès que le polonais s’approche de leurs cages, 

Dominique Dropsy, alors gardien de STRASBOURG déclareras : « en Coupe, nous sommes éliminés par Auxerre et 2 buts sont l'oeuvre de Szarmach. Cet infernal polonais se permet de récidiver aujourd'hui à la Meinau : encore 2 buts et il rate un pénalty ! Mon ami Léon, Specht, doit en rêver cette nuit. Szarmach marque d'ailleurs pas mal de buts grâce à des pointus. Un vieux truc plutôt en désuétude mais diablement efficace .. »
Diablement efficace SZARMACH sent tout de même le poids des ans se faire sentir et à bientôt 36 ans il tire sa révérence à l’Abbé Deschamps. En 5 saisons Auxerre est passé du statut de promu à une valeur sûre de la division 1, terminant même 3ème pour la dernière saison de SZARMACH et se qualifiant pour l’UEFA (voir le sujet d’ailleurs sur Auxerre-Milan de 1986) et l’apport du polonais n’est pas étranger à cette évolution. Pour autant le polonais ne raccroche pas les crampons et prépare sa reconversion, en évoluant en D2 à Guinguamp puis à Clermont respectant, on a l’impression, un plan de carrière bien établi, retour sur une de ses déclarations en 1981 :

A la question sur les départs massifs de joueurs polonais depuis 1978 et sur les motivations de ses exilés (sportives ou plutôt financières ?), SZARMACH répond :
« Sportives, principalement. Il est, pour nous, très important de regarder des footballs différents de celui qu’on pratique en Pologne. Pour celui qui vent devenir entraîneur, il est bon d’avoir acquis une expérience internationale. Ce qui est bon en France, par exemple, je pourrai en faire profiter mes compatriotes. Les motivations financières interviennent peu : les joueurs de première division polonaise gagnent bien leur vie. »

Je pense que ce n’est pas un discours hypocrite car même si les polonais ne gagnaient pas beaucoup d’argents en Pologne ils n’en dépensaient quasiment pas vu qu’ils bénéficiaient d’un statut privilégié, véritables apparatchiks et la preuve que SZARMACH n’est pas parti pour l’argent, si il l’avait fait il ne serait pas allé à Auxerre chez Guy Roux !






Au fait je ne pense pas que Max l'ancien mette SZARMACH sur son excellent site les anciens joueurs, il a veilli mais pas trop changé !







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