L’histoire des chaussures noires des bleus

Bien avant la mutinerie des bleus qui a scandalisé la France entière à Krysna lors de la dernière coupe du monde, en 1978, le pays s’insurgea déjà du comportement des bleus pour une affaire de petits sous. L’histoire commence au matin du France-Italie, premier match de la coupe du monde 1978.
L’incident éclata pour une histoire de primes, alors que tout était bien établi avec les différents sponsors, dont l’équipementier Adidas qui devait verser 5 000 francs par joueur pour la compétition entre autres. Seulement l’équipementier allemand juste avant le premier match avait une nouvelle exigence, que chaque joueur fasse briller et ressortir les 3 bandes blanches de leurs chaussures avant d’entrer sur le terrain et proposait de monnayer cette prestation 1 500 frs par joueur et par match. C’est Marius TRESOR, représentant des joueurs qui se chargea de discuter du bout de gras avec François REMETTER, ancien gardien et représentant Adidas en charge de l’équipe de France.
Et là ça coince, les joueurs veulent plus et cette phrase de Dominique BATHENAY explicite bien les souhaits des bleus : « Nous sommes des professionnels, nous ne jouons pas pour les beaux yeux de la princesse ». TRESOR et REMETTER, tel une négociation avant la réunification sur Koh Lantha ne trouve pas de terrain d’entente. Les joueurs sont remontés et vont le faire savoir à la marque aux 3 bandes. Dans les vestiaires avant le match, ils passent tous un coup de pinceau noir sur les bandes blanches !


La répercussion en France, va survenir après le match ou le non match des bleus face aux italiens. Même si les bleus ouvrent le score très tôt (voir le sujet sur le but de Bernard LACOMBE), les français se font dominés dans tous les compartiments et se montrent amorphes, seul Henri MICHEL rivalise avec les italiens et joue à son vrai niveau. Le milieu nantais, à la hauteur de sa réputation, sera le seul bleu à remporter ses duels. Les autres ? Platini, le génie est invisible et totalement muselé par Tardelli et que dire de la défense quand on voit le but égalisateur des italiens :


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En France, cette défaite est une déception tant les espoirs suscités par les bleus après leur tournée en Amérique du sud pendant l’été 77 étaient grands (voir l’article sur les carnets de voyages des bleus en Amsud 1977). Après match les journalistes français vont courir après les joueurs et le staff pour avoir une explication sur cette contre-performance et là c’est le médecin des bleus qui va lâcher le morceau. Le docteur Vrillac interrogé par Europe 1, racontera les évènements du matin même et de l’échec des négociations avec Adidas et la réaction des joueurs, pour tenter de trouver une explication à la défaite. En France l’affaire fait grand bruit et l’opinion juge les joueurs de l’équipe de France comme des enfants capricieux et pourris gâtés (les médias ont largement parlé de l’arrivée en Argentine des bleus en Concorde), faisant passer es questions d’argents avant l’amour du maillot national.

Hidalgo lui-même, qui a toujours défendu ses joueurs devant les médias, lâchera en privé à ses joueurs, le lendemain du match : « Au moment où vous avez parlé d’argent, vous avez brisé quelque chose d’important ». En fait ce qui gêne le plus le sélectionneur, ce n’est pas que les joueurs parlent d’argent mais c’est qu’ils le fassent juste avant un match si important. Pourtant devant la presse il les défendra becs et ongles, déclarant : « C’est un péché de jeunesse, il ne faut pas grossir ces incident et lui donner une démesure. Même si ils m’ont déçu dans un moment précis, je leur garde toute mon amitié, toute ma confiance. Ils ont suffisamment prouvé ces derniers mois qu’on pouvait compter pour qu’on ne les accable pas aujourd’hui. Et si j’ai des griefs contre eux, ce n’est pas pour ce qu’ils ont fait avant le match mais pour ce qu’ils n’ont pas fait pendant »

Et c’est Raymond KOPA, qui partageant cet avis, donnera la meilleure conclusion à ce début de coupe du monde des bleus : « Peu importe qu’ils réclament de l’argent, qu’ils en parlent avant ou après, hier ou demain. L’important c’est qu’ils ont raté leur match et ça c’est bien triste ».

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