L'exode des polonais : Grzegorz LATO

Après un essai à l’âge de 12 ans au Stal Mielec, les recruteurs ne le laissent pas repartir et tiennent là leurs futur prodige. Après avoir effectué ses classes dans les équipes de jeune Lato est intégré à l’équipe première à 19 ans. Titulaire d’un diplôme de mécanicien il peut se consacrer l’esprit libre au football. Le club qui évolue en seconde division termine deuxième du championnat et obtient le droit d’évoluer en première division. En compagnie de Domarski et Kasperczak (voir l’article sur Kasperczak) , Lato brille sous les couleurs « blanc et bleu » du Stal. Le résultat ne se fait pas attendre puisque le club de la petite ville est sacré champion de Pologne lors de la saison 72/73. Grzegorz termine meilleur buteur du championnat.

Entre temps il honore sa première sélection en équipe nationale le 17 novembre 1971. Appelé par Gorski lors d’un match RFA - Pologne il signe là un long bail avec la Kadra Polski. Il portera 100 fois (sélections officielles - record de Pologne) le maillot frappé de l’aigle avec 45 buts au compteur. Un an après ses débuts l’attaquant de Mielec est champion olympique à Munich (voir l’article sur la Pologne de 1972 à 1974). La coupe du Monde 74 est l’occasion pour certaines équipes de se révéler aux yeux du grand public. C’est le cas de cette magnifique équipe de Pologne et plus particulièrement de Lato. Le 15 juin 1974 la Pologne entame la compétition face aux Argentins. Sept minutes après le coup d’envoi l’ailier polonais a déjà frappé. 

Deux minutes plus tard il lance son compère Szarmach dans l’axe pour un deuxième but. En seconde mi-temps Grzegorz score encore une fois pour une belle victoire polonaise. En cet été 74 Lato va être à la fête. Dans le match suivant il trompe deux fois le gardien haïtien. Au second tour il bat Hellström (voir l’article sur Ronnie HELLSTROM) de la tête (un de ses autres points fort) puis Maric le Yougoslave encore de la tête sur corner. Ecarté (injustement) de la finale par les Allemands dans un match de water-polo (voir l’article sur la Pologne 1974 à la conquête du titre mondial) les Polonais disputent le match pour la 3ème place face au Brésil. Lato frappe une dernière fois dans cette coupe du Monde. Sept buts en sept matchs pour l’attaquant polonais qui termine meilleur buteur de la compétition et rejoint le clan des grands buteurs qui ont inscrit leur noms dans le panthéon de la coupe du monde (voir l’article sur les meilleurs buteurs des coupes du monde).

A leur retour les Polonais sont accueillis en héros. Ils sont récompensés par les autorités avec des primes à faire mourir de rire les footballeurs occidentaux (3 000 dollars et 200 000 zlotys) mais représentant une fortune dans le contexte économique polonais de l’époque (six années environ de salaire moyen). Pour Lato pas de question à se poser pour un éventuel transfert. Il n’a que 24 ans et à cet âge là en Pologne on ne transfère pas on garde le joueur jusqu’à ses 30 ans comme on l’a vu pour les DEYNA, GADOCHA et autres...


De « Argentina 78 » à « Espana 82 » :

Grzegorz reprend donc le chemin du stade de Mielec. Sans aucune arrière pensée car il s’y sent bien d’autant plus que le club met le paquet pour le garder. Un appartement de six pièces et une voiture sont à cette époque en Pologne des privilèges incontestables. Le championnat reprend son cours. En 1975 le club polonais termine deuxième du championnat et Lato est sacré une nouvelle fois meilleur buteur. La saison suivante le « Stal » se renforce avec la venue de Szarmach le complice de Grzegorz en sélection. Avec ses deux buteurs (et Kasperczak ne l’oublions pas) Mielec enchaîne les bons résultats. Le club parvient en quarts de finale de la coupe UEFA et termine champion de Pologne 75/76.
La Pologne est de nouveau présente à la Coupe du Monde en 1978. Grzegorz y marque deux nouveaux buts face à la Tunisie et au Brésil. La Pologne termine cinquième de l’épreuve.

En 1980 Lato a trente ans. C’est l’âge requis par les autorités pour pouvoir prétendre à un transfert. L’attaquant polonais rêve du Réal ou de Barcelone. Pelé le contacte afin qu’il rejoigne les rangs du Cosmos New York. Le voyage sera moins long car il est finalement transféré au KSC Lokeren. Lato se fait sans problème à cette idée. La ville de taille moyenne lui rappelle Mielec. Il va y retrouver son compatriote Lubanski et pouvoir continuer à s’adonner à son passe temps favori : la pêche à la ligne. Il passe deux saisons en Belgique avec un bilan comptable pas digne de ses capacités (64 matchs et seulement 12 buts) puis quitte l’Europe en 1982. C’est également l’année où il dispute sa troisième phase finale de coupe du Monde. En Espagne Lato dispute l’intégralité des matchs de la Pologne qui termine à nouveau 3ème de la compétition. En cette occasion Lato accepte de se reconvertir en milieu de terrain offensif. Il n’a plus les jambes pour tenir le rôle de la flèche d’attaque. Il devient donc la corde de l’arc chargée de lancer les deux attaquants Boniek et Smolarek. Il adresse plusieurs passes décisives à ses co-équipiers (dont un bijou pour Zibi face aux Belges) et marque même face au Pérou son dernier but en équipe nationale.

Il était une fois les Amériques :

Après la coupe du Monde espagnole destination l’Amérique. L’Amérique Centrale tout d’abord puisque Lato rejoint le club Mexicain du CD Atlante Mexico City. Il y reste deux saisons. La première se passe bien et il n’est pas rare de voir le stade Azteca plein comme un œuf pour le voir jouer. Le club est champion du Mexique. Lors de la seconde saison Lato est contraint de se faire opérer du tendon d’Achille. Une opération dont il a du mal à se remettre. En 1984 il rejoint le club de la ville d’Hamilton près de Toronto à forte concentration d’immigrés polonais. Il y passe 7 saisons comme joueur puis comme entraîneur. Dans l’esprit de Grzegorz et de son épouse l’idée du retour vers la Pologne est de plus en plus présente. Presque ruiné par un compatriote peu scrupuleux il décide en 1991 de prendre un billet de retour à destination de Mielec. Son club formateur lui propose le poste d’entraîneur ce qu’il accepte avec joie. Il dirige ensuite l’Olimpia Poznan, le Widzew Lodz et l’Amica Wronki. Ce métier d’entraîneur ne le motive pas trop et décide de tout plaquer pour venir définitivement s’installer à Mielec.


En 2000 Lato est élu Sénateur de Pologne. Son mandat n’étant pas renouvelé il revient dans le monde du football. Il est président de l’association des anciens internationaux Polonais. Il n’a pas oublié son club formateur du Stal Mielec (tombé en division 4) dont il est vice-président. Un titre qu’il occupe également à la fédération polonaise. Dans le contexte économique actuel Lato ne se berce guère d’illusion sur les possibilités du football polonais à revenir au plus haut niveau. Il n’en reste pas moins un formidable ambassadeur pour son pays et est élu en 2008 président de la fédération polonaise pour mission d’organiser l’Euro 2012 que la Pologne organise avec le voisin Ukrainien et lors du dernier match de la Pologne ce mercredi 17 novembre, il y avait la présentation des deux mascottes du prochain euro, satisfait jusqu’ici de la préparation de cet Euro LATO s’est permis ce commentaire sur le look des mascottes : "J’aime particulièrement les cheveux ; il y a 40 ans, j’avais les mêmes "
A vous de comparer :




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