L'exode des polonais : Andrzej SZARMACH

Comme on l’a vu avec les articles sur Deyna, Zmuda ou encore Lato, les joueurs polonais n’ont pas le droit de quitter le pays avant 30 ans et souvent l’intégration est difficile dans les championnats occidentaux mais un joueur lui va parfaitement réussir son expérience à l’étranger malgré ses 30 balais dans les pattes. Andrzej SZARMACH, le plus gaulois des polonais a enflammé les supporters de l’Abbé Deschamps pendant 5 saisons. Son bilan sur les bords de l’Yonne se passe de commentaires : 148 matchs en 1ère division pour 94 buts, il est toujours le meilleur buteur de l’histoire de l’AJ Auxerre en 1ère division.
SZAMARCH était un buteur un vrai, avant d’arriver à Auxerre il avait été élu 7 fois meilleurs buteurs du championnat de Pologne, là aussi ses stats sont éloquentes, en 279 matchs de 1ère division polonaise, SZAMARCH a claqué pas moins de 150 pions ! Recruté à 25 ans pas l’un des trois plus grands clubs du pays de l’époque : Le Stal Mielec de ses potes de sélection (voir les articles sur KASPERCZAK et LATO) et va remporter son seul titre de champion en 1976. 

Bien qu’il soit un attaquant prolifique, SZARMACH devra attendre l’année 75 avant d’avoir l’estime des recruteurs des grands clubs et surtout il lui aura fallu réaliser un mondial allemand extraordinaire. ET pourtant au départ SZAMARCH n’est pas l’option prioritaire de GORSKI qui a son quatuor offensive depuis les jeux olympiques victorieux de 1972. Deyna-Lubanski-Gadocha et Lato sont son quartet offensif devant mener la Pologne à la coupe du monde. Mais sur ce chemin la Pologne rencontre l’Angleterre (voir l’article sur la Pologne 1972-74 les bases d’une grande épopée) et Le genou de Lubanski croise les crampons d’Alan Ball, arrière de la perfide Albion. Lubanski se disloque le genou et ne foulera plus une pelouse pendant 2 ans !!

Gorski doit trouver un remplaçant pour son joyau et il fera confiance au jeune SZAMARCH (24 ans) et ce dernier sera l’homme de la situation, véritable renard des surfaces, son entente avec l’ailier droit LATO et l’ailier gauche GADOCHA est parfaite, si on ajoute à ça un virtuose comme Deyna à la baguette, on a une équipe toute près d’être champion du monde. Voici un but qui illustre l’entente dans le jeu des polonais mais aussi dans la célébration où on voit un Grzegorz LATO (meilleur buteur de la coupe du monde 74) pas avar de bisous !

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En 1978 SZAMARCH est une des vedettes annoncées de la coupe du monde en Argentine, la Pologne répond présente et sort brillamment du 1er tour (en terminant devant la RFA championne du monde en titre), hélas au second tour elel se retrouve dans un groupe de la mort avec que des sud-américains, Bresil, Argentine et Pérou. La Pologne n’arrive pas à se qualifier pour la finale et rentre au pays. Mais l’équipe est toujours aussi brillante et SZARMACH toujours aussi décisif il n’y a qu’à voir ce but (là LATO ne fais plus de bisous il ne pense qu’a réplaquer son immense et quasi unique mèche)

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En 1980, SZARMACH après deux magnifiques coupes du monde est une valeur sûre au marché des grands attaquants internationaux et il va bientôt atteindre la barre des 30 piges synonymes de bons de sortie. Et c’est l’AJA de Guy ROUX qui va rafler la mise. 

Attention à cette époque là le club bourguignon est un tout jeune pensionnaire de division 1 et n’a encore jamais joué l’Europe. Quand Guy ROUX annonce qu’au début de la saison 80/81 : Auxerre joue le maintien, c’st vrais cette fois là. Donc il est étonnant de voir un attaquant qui s’est déjà illustré dans 2 coupes du monde signé chez un promu et venir pour jouer le maintien. En 1981, pour le journal Onze (pas encore fusionné avec Mondial) SZARMACH explique son choix : « Dès le mois de mai, mon compatriote Wieczorek avait signé à Auxerre. Il a parlé de moi aux dirigeants et signalé que j’étais susceptible de venir (j’ai joué avec Henryk à Gornik Zabrze). J’ai rencontré les dirigeants au mois de juin et je suis venu secrètement signer mon contrat » pour autant il faudra attendre le moi de novembre suivant pour voir SZARMACH traumatiser les gardiens adverses. 

Il s’explique aussi là-dessus et confirme que toute star qu’il est il ne bénéficiait d’aucun passe-droit : « la Fédération polonaise ne laisse partir aucun joueur en dessous de trente ans. J’ai donc dû attendre, comme tout le monde ! Finalement, je suis arrivé le 20 novembre à Orly, comme prévu et en accord avec ma Fédération puisque j’ai eu trente ans le 3 octobre. Je n’ai d’ailleurs jamais douté que je viendrais, puisque j’avais signé un contrat »
Et la venue du sosie polonais de José Bové va causer bien des tourments aux gardiens français qui tels des propriétaires de champs de maïs transgéniques face au fameux paysan du Larzac tremblent dès que le polonais s’approche de leurs cages, 

Dominique Dropsy, alors gardien de STRASBOURG déclareras : « en Coupe, nous sommes éliminés par Auxerre et 2 buts sont l'oeuvre de Szarmach. Cet infernal polonais se permet de récidiver aujourd'hui à la Meinau : encore 2 buts et il rate un pénalty ! Mon ami Léon, Specht, doit en rêver cette nuit. Szarmach marque d'ailleurs pas mal de buts grâce à des pointus. Un vieux truc plutôt en désuétude mais diablement efficace .. »
Diablement efficace SZARMACH sent tout de même le poids des ans se faire sentir et à bientôt 36 ans il tire sa révérence à l’Abbé Deschamps. En 5 saisons Auxerre est passé du statut de promu à une valeur sûre de la division 1, terminant même 3ème pour la dernière saison de SZARMACH et se qualifiant pour l’UEFA (voir le sujet d’ailleurs sur Auxerre-Milan de 1986) et l’apport du polonais n’est pas étranger à cette évolution. Pour autant le polonais ne raccroche pas les crampons et prépare sa reconversion, en évoluant en D2 à Guinguamp puis à Clermont respectant, on a l’impression, un plan de carrière bien établi, retour sur une de ses déclarations en 1981 :

A la question sur les départs massifs de joueurs polonais depuis 1978 et sur les motivations de ses exilés (sportives ou plutôt financières ?), SZARMACH répond :
« Sportives, principalement. Il est, pour nous, très important de regarder des footballs différents de celui qu’on pratique en Pologne. Pour celui qui vent devenir entraîneur, il est bon d’avoir acquis une expérience internationale. Ce qui est bon en France, par exemple, je pourrai en faire profiter mes compatriotes. Les motivations financières interviennent peu : les joueurs de première division polonaise gagnent bien leur vie. »

Je pense que ce n’est pas un discours hypocrite car même si les polonais ne gagnaient pas beaucoup d’argents en Pologne ils n’en dépensaient quasiment pas vu qu’ils bénéficiaient d’un statut privilégié, véritables apparatchiks et la preuve que SZARMACH n’est pas parti pour l’argent, si il l’avait fait il ne serait pas allé à Auxerre chez Guy Roux !






Au fait je ne pense pas que Max l'ancien mette SZARMACH sur son excellent site les anciens joueurs, il a veilli mais pas trop changé !







5 commentaires:

  1. c'est vrai, mais la moustache n'est pas de la même couleur ... ça me fait penser à une reflexion de gainsbourg ça ...

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  2. Hormis la cravate, il a bon look de pilier de bar du style :"Aux armes de Savoie" les habitués reconnaitront

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  3. michel rio dans le carre de vignettes
    ca me rappelle une anecdote
    lors d'un match au stade deschaseaux, apres de multiples passes ratees, et deja pris en grippe par le public depuis son arrivee au havre, Rio etait sans arret siffle
    Et apres une enieme passe, Rio quitta le terrain et rentra directement au vestiaire, ce fut sa derniere sortie devant le public havrais
    Le coach Guy David pris de cours, lanca un jeune du centre de formation Vikash qui ne savait pas qu'il allait devenir le chouchou de deschaseaux
    Petit moment nostalgie quand tu nous tiens!!!

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  4. Oh merci Cyril, super anecdote. Moi je me souviens du premier match de Vikash à Gerland 6-1 contre Toulouse au mois d'août 98. Énorme match de l'OL et énorme match de Vikash et le lendemain je le croise dans la salle de billard en bas de chez moi (salle Rameau, pour les lyonnais)et à travers la vitre en le voyant j'ai juste eu le réflexe de lever le pouce tel un empereur romain. Ça la faite marrer et il m'a salué de la tête. Après je l'ai croisé plusieurs fois mais là c'était plutôt dans les boites de nuits des quais de Saône

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  5. on vous l'avait bien vendu le Vikash
    pour le remplacer, on avait recruter en espagne, une terreur, vainqueur du double en 96 avec Atletico, Milinko Pantic, mais ce fut un bide total!!!
    et l'argent avait servi egalement pour la construction du centre d'entrainement à Saint Laurent de Brevedent!

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