Toulouse-Naples 1986-87

Le TFC est européen pour cette saison 1986-87 et va retrouver le parfum des soirées européennes, 20 ans après leur dernière apparition en coupe d’Europe des villes de foire et le doux parfum européen va avoir des odeurs de soufre en emmenant les toulousains au pied du Vésuve et surtout aux pieds de Diego MARADONA tout juste sacré champion du monde quelques semaines auparavant.
A Toulouse on parle de scoumoune après le tirage au sort, déjà on se souvient que le club sous les ordres de Daniel Jeandupeux a échoué 2 années de suite aux portes de la coupe d’Europe. En 1983-84, le club en s’inclinant à la dernière journée face au PSG voyait le dernier strapontin européen se lever juste devant lui puis la saison suivante, les toulousains échouaient en demi-finale de la coupe de France aux tirs aux buts, toujours face au PSG. Heureusement la saison suivante sera la bonne. La saison 1985-86 est la première en tant qu’entraineur de Jacques SANTINI, homme de toutes les grandes campagnes des verts (voir le 1er article du blog sur Jacques SANTINI) et le TFC arrache sa qualification pour l’UEFA à la dernière journée et s’offrait enfin son billet pour l’eldorado européen. Mais voilà que se dressait dès la 1ère étape un col infranchissable : le Napoli de sa majesté Diego. Les seuls à trouver un aspect positif à ce tirage étaient les trésoriers du club sachant que le match retour offrirait un stadium plein à craquer.

Sauf qu’en y regardant de plus près, la situation n’est pas complètement désespérée. Avec un renforcement intelligent à l’intersaison, le TFC a judicieusement bâti un tandem de choc en défense centrale en signant le stoppeur de devoir qu’est Jean-Luc RUTY dont l’association avec l’expérimenté Alberto TARANTINI (champion du monde 1978 avec l’Argentine) fait merveille. En outre SANTINI a réussi a relancé Benoit TIHY dont le Racing club de Paris ne voulait plus et qui va faire des merveilles face à Diego. Donc sur la lancée de son excellente fin de saison, conjuguée à un mercato estival intelligent, Toulouse démarre la saison en fanfare. Le TFC affiche des lignes très complètes, la défense RUTY-TARANTINI est sûre, Pascal DESPEYROUX en milieu défensif est une véritable révélation, Gérald PASSI en meneur de jeu est désigné par la presse comme le successeur de PLATINI et devant il y a peut être la meilleure paire d’attaquants du championnat avec STOPYRA et MARCICO. Donc le TFC est sûr de ses forces et sait que Naples reprend tard le championnat et n’aura qu’un match officiel dans les jambes avant le match aller à Naples. Ottavio BIANCHI, viendra observer un seul match de Toulouse avant la double confrontation, au Stadium pour un succès fracassant des toulousains 5-0 face à Brest. Peu impressionné par la démonstration toulousaine, l’entraineur napolitain déclarera à l’issue du match : « Pas mal Toulouse, mais Naples n’est pas Brest ».


L’état des formes des 2 équipes n’est pas du tout le même et surtout, l’altesse Diego connait quelques déboires qui vont créer tout un agilement autour de l’équipe. Diego est revenu du Mexique, auréolé d’un titre mondial mais son retour au pied du Vésuve, va s’avérer explosif. En effet Diego se voit affublé d’une paternité inattendue, une napolitaine, du moins le prétendait-elle, avait mis au monde un petit « dieguito » fruit d’une liaison avec le « pibe de oro » alors qu’au même moment, madame Maradona légitime était enceinte jusqu’au cou.
Pour Toulouse c’était le moment ou jamais.
Le match aller à lieu à Naples et l’ambiance est chaude. Les tifosi se sont déplacés pour accueillir les toulousains à l’aéroport et leur promettre d’être réduit en purée et de l’accommoder à la sauce Buitoni, sponsor du club napolitain. Mais les toulousains ont été prévoyants et ont pris leurs quartiers loin de la ville et de sa ferveur empressante pour les adversaires du Napoli. Toulouse est prête à affronter MARADONA. Un MARADONA plus arrogant que jamais après son titre mondial, extrait de la conférence de presse d’avant match : « J’ai tout gagné dans ma carrière, sauf la coupe d’Europe. Le moment est venu. J’ai beaucoup de respect pour Toulouse pero hombres, Naples c’est quand même Naples. » De l’autre côté SANTINI montre déjà son peu d’entrain face aux journalistes et se contente d’un « On discutera dans 15 jours, pas avant ».

Le jour du match, la ville est en effervescence et le stade San Paoli va afficher complet on parle même de battre le record d’affluence du vieux stade napolitain. Plus que la venue du TFC, l’évènement est le retour de Diego pour son premier match de la saison auréolé de sa couronne mondiale. Diego entre et le stade explose tel le Vésuve, sale temps pour les toulousains. Naples met la pression d’entrée mais le TFC rompt mais ne plie pas. Au milieu Bagni ratissait tout, De Napoli et Giordano jouent juste au milieu et trouvait facilement Diego, qui orchestre au millimètre le jeu napolitain trouvant sans cesse le puissant Carnevale dans les espaces. Naples fait mal aux toulousains. Mais derrière ça tient le choc et Tarantini derrière, sauve la baraque. Lui le champion du monde 1978 sous les ordres de Luis César Menotti mais non convoqué par Bilardo pour la mondial mexicain a été vexé et touché dans son orgueil de champion, le défenseur toulousain exprime face au protégé de Bilardo toute sa combativité, sa « grinta » et Maradona ne trouve pas la faille. Toulouse tient le choc mais va chuter sur une action anodine, un long ballon aérien, une erreur de marquage et Carnevale qui lance sa grande carcasse dans les airs pour rabattre un ballon anodin qui meurt dans les filets de Bergeroo. 1-0 pour Naples, Toulouse a survécu à l’enfer napolitain et conserve toutes ses chances au match retour dans un stadium en effervescence.
Le match retour

Tandis que tout le peuple toulousain croit en l’exploit et se bat pour trouver des billets pour la venue du roi de Naples. A Naples le cœur est plus léger, le roi et sa cour sont venus à Toulouse avec leurs femmes parties en pèlerinage à Lourdes la veille du match. Lors de la conférence de presse d’avant-match Diego est face à la presse et quand on lui demande si son épouse à accompagnée les autres femmes ? Diego, toujours dans la tourmente, répond : « Por Favor, no hablar de mujeres ».
Le match, débute et Naples met d’entrée la pression. Il faut un grand Bergeroo pour que Toulouse reste dans le coup. Il remporte son duel face à Carnevale lancé seul dans le dos de la défense, Bergeroo se déploie et le ballon file en corner. Cette action lance Toulouse qui prend le jeu à son compte. Marcico devant est incontrôlable et sur un débordement côté droit il trouve Passi qui s’engouffre dans le cœur de la défense napolitaine mais butte sur le portier Garella, le ballon arrive sur Yannick STOPYRA, l’avant centre, révélation du mondial mexicain et élu par la FIFA dans le 11 type du mondial, démontre tout son sang froid dans la surface de vérité et marque un vrai but d’avant-centre, la preuve :

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1-0 pour Toulouse, égalité parfaite sur les 2 matchs, tout est possible. Le stadium pousse et le TFC est irrésistible et va renverser le Napoli, mais les italiens ne rompt pas et la confrontation va se décider lors de la séance des tirs aux buts. Une fois de plus ce sont qui ce sont le plus illustré lors de la rencontre qui vont connaitre l’échec. Le premier a échoué est le héros de la soirée, STOPYRA qui envoie un missile au dessus des buts de Garella. Ensuite c’est l’infatigable Bagni qui voit son tir remarquablement repoussé par Bergeroo. Il ne reste plus qu’un tir au but, Toulouse qui a commencé la séance à un but d’avance quand Diego s’avance. Du plat du pied il met le ballon hors de portée de Bergeroo qui n’a quasiment pas bougé, mais la fortune sourit aux toulousains et le ballon heurte le poteau avant de rebondir sur Bergeroo et de rebondir devant le but, Toulouse ira en 16ème de finale. (Sur la vidéo ci-dessous, après le but de Stopyra, les 3 tirs aux buts manqués)

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Véritable exploit, les toulousains ont réussi à vaincre la malédiction des clubs français face aux clubs italiens et Naples était un gros morceau, futur champion d’Italie. Le TFC pour passer ce tour, à réalisé deux matchs entiers avec deux grosses prestations à la différence des rencontres de Nantes face à l’Inter, ou celles du PSG et de Bordeaux face à la Juve qui ont dominé les italiens que lors d’une seule rencontre avant de passer à travers lors de l’autre. Sans doute que le fait d’avoir un entraineur qui a connu de nombreuses campagnes européennes à aider les toulousains à bien gérer leurs 2 rendez-vous et leurs moment faibles.
Voici la présentation des 2 équipes :

Toulouse 1985-86

Philippe BERGEROO

Benoit TIHY

Alberto TARANTINI

Jean-Luc RUTY

Jean-Jacques MARX

Pascal DESPEYROUX

Eric CASTAGNINO

Jean-Philippe DURAND

Gerald PASSI

Beto MARCICO

Eric BELLUS

Yannick STOPYRA

Jacques SANTINI

Naples 1985-86

Claudio GARELLA

Giuseppe BRUSCOLOTTI

Ciro FERRARA

Alessandro RENICA

Moreno FERRARIO

Salvatore BAGNI

Fernando DE NAPOLI

Diego MARADONA

Francesco ROMANO

Bruno GIORDANO

Andrea CARNEVALE

Raffaele DI FUSCO

Giuseppe VOLPECINA

Luciano SOLA

Ciro MURO

Luigi CAFFARELLI

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