Yvon LE ROUX


Yvon LE ROUX, un de mes joueurs préférés, qui a marqué mon enfance. Le solide menhir de Plouvorn. L’image que j’aurais toujours en tête de ce solide gaillard remonte à la demi-finale du championnat d’Europe 1984 au stade Vélodrome face au Portugal, on est en prolongations et la France est mené 2-1. Le temps passe et la France pousse, le géant Yvon joue alors avant centre et est une véritable tour de contrôle !! La France balance de grands ballons et Yvon saute au milieu de tous les lusitaniens qui ont les crampons moulés dans la pelouse tellement les jambes sont lourdes après 115 minutes de jeu. Sur le terrain on ne voir que LE ROUX et sur un énième ballon, Yvon saute, récupère le ballon au point de penalty et en retombant tente un pointu contré qui arrive sur Domergue et qui égalise !! La suite c’est 4 minutes plus tard, le raid de Tigana qui sert Platini à la 119ème minute : la France va en finale et remporte e le 1er titre majeur de son histoire !!

Un des plus grands défenseurs de l’histoire du foot français, il commence sa carrière au Stade Brestois à 17 ans, le club est alors en D2 mais lui joue en juniors. Le grand gaillard, stoppeur à la puissance exceptionnelle se fait toujours entendre la même chose depuis qu’il a débuté le foot : « oui, mais... »
Tout le monde vantait la masse athlétique du numéro 4 mais toujours forcé d’ajouter que sa mobilité, voire son adresse, laissait à désirer.
Un homme qui le suivait depuis longtemps était, lui, catégorique sur le devenir de Le Roux : Alain de Martigny. Alors que le Plouvornéen, encore junior, débutait au Stade Brestois, l'entraineur de l’équipe première confia qu'un jour il deviendrait international ...
« C'est grâce à De Martigny que je suis là : il m'a lancé en D2 à 18 ans . Et il m'a toujours conservé sa confiance »

Yvon LE ROUX est alors en sport-études et enchaine les entrainements et les cours mais en 1979, à 19 ans il rentre en terminale et n’arrive plus à suivre le rythme, en effet l’équipe joue les premiers rôles en D2 et LE ROUX devient un titulaire en puissance. Le salut va venir de papa Le Roux, qui donne son feu vert pour que le fiston lâche les études et signe son 1er contrat professionnel. La suite est une réussite, Brest est vice-champion de D2 et accède à l’élite, le menhir de Plouvorn attire sur lui les regards attentionnées des recruteurs de Nantes, Monaco et du PSG.

Pour l’équipe Brestoise l’apprentissage est dur lors de cette saison 1979/80 et au bout de 38 matchs l’équipe du Finistère reprend l’ascenseur dans l’autre sens avec pas moins de 87 buts encaissés dans ses valises. Mais l’équipe s’est aguerrie et remonte tout de suite en remportant el titre de champion de France de division 2 1980/81. En 1981/82 et 1982/83 le club se stabilise (Pour en savoir plus sur l’ascension de Brest voir un des tous premiers articles du Old School Panini : L'ascension du Stade Brestois 1981-1986) et LE ROUX devient un joueur majeur de championnat de France. Pour preuve il est élu dans le onze type de France Football pour la saison 1982/83 et est logiquement appelé en Equipe de France.

Il est convoqué pour sa première cap le 23 avril 1983 pur une rencontre amicale face à la Yougoslavie au Parc des Princes. LE Roux apprend sa sélection le lundi 18 avril à la radio, la veille de ses 23 ans, le capitaine de l’équipe de France espoir le lendemain dans le presse (jour de son anniversaire du coup) voir que c’est le seul stoppeur sur la liste, il a son cadeau : il va devenir joueur international.
Le samedi 23 avril sera, selon lui, le plus beau jour de sa carrière. Iles t titulaire en défense centrale aux côtés de BOSSIS et va ouvrir la marque à la 22ème pour une large victoire 4-0. Plutôt que de raconter ce but, le voici en vidéo :

video


Comme je n’ai pas trouvé le ralenti de cette superbe détente, en voici la photo :



Si Le Roux ne marquera plus jamais en équipe de France il ya gagné toutefois sa place. LE ROUX est un défenseur qui marque beaucoup lors de cette saison 1982/83 il plante 8 buts en championnat + celui-là en équipe de France, un total plus qu’honnête pour un stoppeur. 

Dans le France Football du 19 avril 1983, juste avant sa première convocation, il revient sur son apport offensif : "dans le foot actuel, il est important de pouvoir jouer à plusieurs postes. On entend souvent parler de bourrin pour les stoppeurs, de démolisseur. Je ne suis pas du tout de cet avis. A ce poste aussi, il y a une évolution. La première tâche d'un stoppeur reste de neutraliser l'avant-centre et les qualités exigées sont un excellent jeu de tête et ne pas relâcher son attention. Suivre durant 90 minutes le même joueur, ce n'est pas si simple. Mais ça, c'est le portrait-robot du stoppeur : certains montent, marquent des buts et sont bons techniciens. Personnellement, quand je suis resté 15 minutes au pied de mon avant-centre, je me sens des fourmis dans les jambes. Je ne tiens plus. Alors, je monte dans l'axe et c'est là que l'on surprend le plus et le plus facilement la défense adverse. En arrivant de loin, lancé. Comme Piazza, mon modèle. Quel super joueur ! il avait toutes les qualités du stoppeur : bon de la tête, il montait, opportuniste, efficace dans le tacle, sur l'homme"

La saison suivante LE ROUX quitte le Finistère pour la principauté et rejoint l’AS Monaco, pendant 2 saisons où il prend une autre dimension et devient un cadre de l’équipe de France. En 1984 l’ASM perd la finale de la coupe de France mais LE ROUX devient champion d’Europe avec la bande à Platini grâce notamment à sa « grinta » face au portugais. Mais le titre de champion d’Europe ne le protège pas et ses relations avec l’entraineur de Monaco Lucien MULLER deviennent de plus en plus houleuses. A la fin de sa seconde saison sur le rocher, LE ROUX déclare : " il aurait voulu briser ma carrière qu'il n'aurait pas agi autrement. Entre nous, le courant n'est jamais passé. Et pourtant, il ne s'en est jamais expliqué avec moi. Ces 3 derniers mois ont été un calvaire. J'ai vécu des moments aberrants". 

Il me disait, par exemple, que je n'étais pas un numéro 6 et, 15 jours plus tard, il me faisait jouer à ce poste. Quand ça l'arrangeait ... "
Il part donc à Nantes l’été suivant et démontre que le FC Nantes peut parfois réussir son recrutement. LE ROUX revit à NANTES inscrit sa demi-douzaine de but habituel et notamment un fantastique coup de tronche en ¼ de finale retour de l’UEFA face à l’Inter de Milan, malheureusement un but qui ne suffira pas pour faire passer les nantais malheureusement (c’est lors du même match que José Touré laissa son genou sur la pelouse de la Beaujoire voir article sur les : ratés de Panini)

LE ROUX fait partit du groupe qui se rend à la coupe du monde au Mexique, en revanche le nouveau sélectionneur, Henri MICHEL, ne lui donne pas sa préférence et préfère associer la charnière Bossis-Battiston. MICHEL surprend en associant deux libéros traditionnels ensemble et en laissant le stoppeur de l’équipe, notre ami Yvon LE ROUX, sur le banc de touche. LE ROUX ne participera qu’à la petite finale face à la Belgique (victoire 4-3 des bleus). Mais en championnat sa côte est toujours élevé et Bernard Tapie arrivé aux affaires à MARSEILLE, le débauche pour l’associer à la référence des années 80 en matière de stoppeur : l’allemand Karl Heinz FORSTER. Tandis que les bleus jouaient avec 2 libéros, l’OM elle va évoluer en défense centrale avec deux stoppeurs !! Mais la formule marche et LE ROUX s’éclate sur la canebière. 

L’OM réussit un magnifique double coupe-championnat en 1989, LE ROUX décrit cette saison comme la plus fabuleuse de sa riche carrière avec comme bouquet finale, l’apothéose en finale de la coupe de France et une victoire 4-3 sur Monaco son ancien club et champion de France en titre. La charnière FORSTER-LE ROUX est ce qui se fait de plus solide en France mais aussi en Europe, lors de sa 1ère saison à Marseille le club phocéen échoue seulement en demi-finale de la défunte coupe d’Europe des vainqueurs de coupes.
Mais la saison suivante Tapie vend LE ROUX au PSG, une grave blessure au genou en fin de saison lui fait prendre conscience qu’il a été au bout de lui-même et décide de raccrocher les crampons a seulement 30 ans !

 Yvon LE ROUX c’est en 12 saisons de professionnalisme : c’est 401 matchs en clubs (Division 1 + division 2 + coupe e France) pour 51 buts inscrits (dont 32 en 1ère division) et 28 sélections chez les bleus pour un but mais magnifique, vous venez de le voir.
Aujourd’hui il est le directeur sportif de Concarneau qui évolue en CFA 2 et il a pas trop changé le menhir de Plouvorn !




P.S : Merci au FCN MUSEUM pour la vignette de 1986.

3 commentaires:

  1. Oh Yvon Le Roux ! que de souvenirs ! moi je me souviens qu'il jouait sans protèges tibias et qu'il finissait les matchs avec les chaussettes sur les chevilles

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  2. je me souviens d'une interview de Tapie dans un France Foot de l'été 89, où le journaliste lui demandait pourquoi acheter Mozer alors que Leroux était là;

    Tapie avait répondu (je cite de mémoire) "on peut être champion de France avec Leroux en libéro parce que c'est un petit championnat mais pour être champion d'Europe, ça ne suffit plus."
    Classe...

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  3. ça confirme tout le bien que je pense de Tapie

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