Les frères VUJOVIC


Les inséparables versions croates ! Jumeaux nés le 26 Août 1958 à Sarajevo, ils vont connaître une carrière parallèle en clubs et en sélections. Les frangins font leurs armes dans le prestigieux club de l’Hadjuk Split fleuron du football yougoslave. Zoran et ZLatko débute en 1ère division à l’âge de 18 ans et pur leur première saison il remporte la coupe de Yougoslavie (1976) et l’Hadjuk terminera vice-champion derrière le Partizan de Belgrade. La saison suivante, les jumeaux remportent de nouveau la coupe de Yougoslavie mais n’élève pas leur rang en championnat et la campagne européenne est décevante (Elimination en 1/8ème de finale de la défunte coupe d’Europe des vainqueurs de coupes face à l’Athlético de Madrid). 

Il faudra attendre la saison 1978-79 pour voir le club croate mettre fin au trust des clubs de Belgrade. L’Hadjuk Split remporte le championnat yougoslave, et les frères VUJOVIC à seulement 21 ans intègrent les rangs de la sélection Yougoslave, ils y resteront jusqu’au mondial 1990 !
C’est Zlatko, toujours considéré comme le plus brillant, qui ouvre le bal de la sélection nationale. Le 1er avril 1979, Zlatko n’a pas encore 21 ans qu’il démarre la rencontre qualificative pour l’Euro 1980 à Nicosie face à Chypre. Les Yougoslaves déroulent tranquillement et mène rapidement 2-0 grâce à un double de Zlatko VUJOVIC qui connaît un baptême de feu même si l’adversaire était modeste. La Yougoslavie l’emporte 3-0. Deux mois plus tard, le 13 juin en amical face à l’Italie c’est Zoran qui connaît les honneurs de la sélection, en rentrant à l’heure de jeu. Les Yougoslave impressionnants l’emportent 4-1 avec un triplé de Safet SUSIC.

Mais les mauvais résultats des Yougoslaves en 1978, ne leur permettent pas d’aller en Italie pour l’Euro, et malgré une victoire 1-0 à Mestalla, où les frères Vujovic jouent la rencontre dans leur intégralité, c’est l’Espagne qui empoche le seul ticket du groupe.
C’est un gâchis car les yougoslaves sont en cette année 1979 irrésistibles, avec une victoire 4-1 face à l’Italie, une victoire 1-0 en Espagne il faut y ajouter un autre succès de prestige avec un triomphe 4-2 en septembre 1979 sur le champion du monde en titre l’Argentine, grâce à un autre triplé de Safet SUSIC. Les frères Vujovic sont de toutes ces rencontres et vont participer grandement à la qualification de la sélection nationale pour la coupe du monde.

La Yougoslavie termine 1ère de son groupe devant l’Italie future championne du monde. Les frères Vujovic sont des titulaires indiscutables a présent. Zlatko marque 7 buts lors des 8 matchs de poule et Zoran inscrit le but décisif pour une victoire précieuse au Danemark (2-1).
Mais lors du mondial, les yougoslaves balbutient leur football et ne passe pas le 1er tour (au déficit du nombre de buts inscrits).
Les frères Vujovic continuent leurs carrières en club à l’Hadjuk Split, mais ne remporte plus le titre finissant 3 fois comme dauphin en 1981, 83 et 85. Et même si le club remporte la coupe une nouvelle fois en 84, les jumeaux ont décidé de faire leurs valises à l’été 1986 car débarrassés de leurs obligations militaires (27 ans à l’époque).

Et ce ne sont pas les sollicitations qui manquent. Surtout pour Zlatko véritable star en Yougoslavie et qui a terminé meilleur buteur du championnat en 1985 et qui claque pion sur pion à chaque sortie de la sélection.
C’est le Matra Racing de Jean Luc LAGARDERE qui met le plus de moyen en œuvre pour attirer le renard des surfaces croate mais c’est Claude BEZ, le président de Bordeaux qui est le plus malin. Il signe sans hésiter Zoran et Zlatko refuse alors poliment la proposition du club de la capitale pour s’installer en gironde avec son frangin, inséparables.
La saison 1986-87 va être fantastique pour les girondins. Les VUJOVIC s’intègrent tout de suite, Zoran (après le gardien Dropsy) est le joueur qui totalise le plus de temps de jeu devant Jean Tigana ( 3 330 minutes contre 3 316 pur l’international français), ensuite vient Zlatko qui pousse à la retraite anticipée un certain Bernard Lacombe.

Les girondins réalisent un formidable doublé coupe championnat.  (voir l'article sur les Girondins version 1986-87) Zlatko régale les spectateurs du championnat de France et inscrit 17 buts pour le club (12 en Division 1, 2 en coupe d’Europe et 3 en coupe de France) mais plus que le bilan comptable, Zlatko éblouie l’attaque girondine en délivrant centre et passes décisives à la pelle, pour preuve à ses côtés, même l’inconnu Philippe FARGEON intègre l’équipe de France. L’attaquant Croate a aussi une autre corde à son arc offensif, très yougoslave, il sait très bien tomber dans la surface, pour sa première saison, méconnu des arbitres et des défenseurs c’est une véritable moisson de pénos pour les girondins dans la suite de sa carrière française ce sera moins le cas. Sur la scène continentale, les girondins réalisent une formidable campagne atteignant les demi-finales de la coupe des coupes, après avoir sorti notamment le Benfica de Lisbonne et le Torpedo de Moscou. En ½ finale les hommes d’Aimé Jacquet affrontent les redoutables allemands de l’est du Lokomotiv Leipzig. 

Les bordelais se font piéger comme des bleus à Lescure et compromettent leurs chances en s’inclinant 1-0. Mais de l’autre côté du mur, 15 jours plus tard les bordelais réussissent à renverser la vapeur et à la fin du temps réglementaire ils mènent 1-0 grâce au but de Zlatko mais c’est Zoran qui s’est révélé comme l’homme du match muselant LEITZKE pendant 120 minutes. Les 2 clubs doivent se départager aux tirs aux buts, Zoran ne veut pas participer à la séance mais quand 6 tireurs l’ont fait de chaque côté il ne lui reste plus trop d’échappatoires. Parmi ceux qui n’ont pas tirés, il reste lui et son frère, mais Zlatko après un échec face à Nantes où il a subi les foudres des médias, ne veut plus tirer les pénos, Zoran le voit, le sent, alors il s’avance les jambes lourdes vers le point de penalty et comme bien souvent, le joueur ayant livré une prestation mémorable manque son péno. Sauf que pour Zoran, il se déchire totalement même un pupille aurait arrête cette frappe qui ferait passer Vikash Dhorasso pour Ronald Koeman !!

Bordeaux echoué une nouvelle fois aux portes d’une finale de coupe d’Europe
Zlatko mais aussi Zoran, pour leur première saison, ont réalisé un exercice de haute volée même si Zoran est pointé du doigt comme responsable dans l’échec européen. Mais les girondins sont une formidable machine, et la saison suivante si ils sont un honorable dauphin de l’AS Monaco, ils échouent de justesse en coupe d’Europe des clubs champions face au futur vainqueur de l’épreuve le PSV Eindhoven en ¼ de finale (1-1 à Lescure et 0-0 au Philipps Stadion).
Les Vujovic tiennent leurs rangs, même si Zaltko en attaque est moins tranchant, son jeu étant moins imprévisible pour les défenseurs. Malgré tout c’est une énorme surprise lorsqu’à l’intersaison il rejoint l’AS Cannes dirigé par Francis Borelli alors modeste formation du championnat de France.

La surprise étant comme les bonbons Kiss cool : à double effet. Zlatko non seulement quitte une des meilleurs formations d’Europe pour un club de milieu de tableau mais surtout et pour le première fois de sa carrière il se sépare de Zoran reste en Gironde.
Zlatko se régale à la Boca et bien que le club finisse à une 12ème place sans surprise, l’attaquant croate claque 18 buts en championnat et termine 2ème au classement des buteurs derrière JPP.
Mais à Bordeaux par contre Zoran est l’ombre de lui-même si bien qu’au mercato d’hiver il part rejoindre Zlatko à Cannes. Les Jumeaux n’auront été séparés qu’une moitié de saison.

C’est ce que l’on croit mais un mec qui claque 18 buts dans une saison ne laisse pas indifférent. Zlatko file alors au PSG lors de l’été 1990 tandis que Zoran retourne au Pays à l’Etoile Rouge de Belgrade qui est entrain de former une dream team qui remportera la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1991.
Les joueurs sont à nouveau séparés mais vont connaître des sorts bien différents, tandis que Zlatko montre des beaux restes à 32 ans dans la capitale et claque 10 buts en championnat. Par contre pour Zoran le retour au pays est douloureux, ces vieilles jambes ne supportent pas la concurrence des « jeunes » futures stars du foot européen qui composent le groupe de l’étoile Rouge de Belgrade. Zoran ne joue pas et décide de retourner en France. 

Mais il n’a pas de proposition, seul le Stade de Vallauris (commune à côté d’Antibes) qui vient de gagner son ticket pour la division 2 lui propose un contrat. Mais durant l’été les événements sont défavorables au club des Alpes-Maritimes, bien qu’ayant gagné leur billet pour la division 2 sur le terrain, à l’intersaison le Gazélec d’Ajaccio récupère des points sur tapis verts et chippe la place du stade de Vallauris, qui du coup reste en National et ne peut accéder au statu de club professionnel. Zoran est déjà embarqué dans la galère, il n’en sortira qu’à la fin de la saison, lui qui a quitté le club futur champion d’Europe pour évoluer en national doit avoir bien des regrets.

Zlatko aussi connaît des difficultés au PSG et l’arrivée de CANAL + dans le club parisien le pousse vers la sortie.
EN 1991-92, ZLatko fait une pige à Sochaux et Zoran une nouvelles à l’AS Cannes, les jumeaux décident alors d’arrêter les conneries et se remettent à jouer ensemble. Saison 1992-93, les Vujovic signent à l’OGC Nice alors en division 2 et à 34 ans les jumeaux réalisent un ultime chant du cygne. Zlatko du haut de ses 17 buts démontre qu’il est encore en jambe et Zoran aligne son plus grand total d’apparitions depuis 5 ans.
Les jumeaux décident, conjointement, de stopper leur carrière à 35 ans après 17 saisons aux plus hauts niveaux dont 11 sous le maillot de la sélection yougoslave.



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