Jean-Christophe THOUVENEL

Jean-Christophe THOUVENEL une figure de la division 1 dans les années 80, 15 saisons au plus haut niveau chez nous et pourtant il n’a pas débuté sa carrière en France. Toutefois il est vraiment difficile de connaitre ses débuts en jeunes même de savoir où il est né, carrément. Aujourd’hui si vous regardez sur Wikipedia ou d’autres sites on le fait naitre en Alsace à Colmar le 08 octobre 1958 hors dans la fiche de Mondial qui lui était consacré en 1986 on le faisait naitre à Saint Genis Pouilly (voir la fiche de Mondial sur FootNostalgie). Saint Genis Pouilly se situe dans l’Ain non loin de la frontière Franco-Suisse, à moins de 30 km de Genève comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous :


Or moi je privilégierais cette piste plutôt que celle de Wikipedia. Tout d’abord parce que Thouvenel est un nom typique de cette région frontalière de la Suisse et qu’il existe une rue Thouvenel à Saint Genis Pouilly (avouez également qu’a contrario le patronyme de Thouvenel n’a pas trop de consonance alsacienne). Ensuite, lorsque j’ai un doute entre deux sources et que l’une d’elles est Wikipedia, j’ai toujours subjectivement une préférence pour l’autre. Surtout en matière de foot. Un jour il faudra vraiment que je collecte les absurdités que je lis pour les besoins des différents sujets et que je fasse un best of, au-delà du côté burlesque, il y a un vrai côté pathétique. Enfin et surtout c’est qu’il faut remonter à 1975 pour retrouver quelques traces des débuts de la carrière de Jean-Christophe THOUVENEL à….Genève. En effet dès 1975 on le voit apparaitre dans l’équipe Juniors du Servette de Genève, à côté donc de Saint Genis Pouilly cf la belle carte que je vous ai indiquée. C’est donc dans le championnat Suisse que notre arrière latéral fait ses grands débuts professionnels. Après les juniors et la réserve pro il intègre l’équipe première. 

Mais c’est au cours de l’été 1978 qu’on va le connaitre en France. Le Servette le prête au Paris FC qui décidément avait privilégié son recrutement en Suisse (voir le sujet sur Gabet CHAPUISAT, le joueur le plus odieux de l’histoire). A Paris, THOUVENEL se fait remarquer, latéral de devoir il n’hésite pas à se révéler très offensifs à l’instar des latéraux d’outre-Manche. Avec une saison pleine (34 matchs et 3 buts), JC THOUVENEL émerge dans une saison à la dérive pour le second club de la capitale. Le Paris FC fait l’ascenseur et descend plus vite qu’il n’est monté en 1ère division. Mais THOUVENEL a tapé dans l’œil des dirigeants du football français et il ne descendra pas à l’étage inférieur. En 1979 il signe chez les Girondins de Bordeaux pour la grande histoire d’amour de sa carrière. Bordeaux deviendra son club de cœur et il ne partira qu’en 1991 après une relégation administrative et 12 saisons de bons et loyaux services. Si les débuts en Gironde sont assez mouvementés avec une valse des entraineurs orchestrée par le président BEZ (Carniglia, Goethals), Jean-Christophe THOUVENEL tient son rang et, inlassablement, dispute tous les matchs de la saison. Ce sera une constance chez lui cette régularité au plus haut niveau. Mais en 1981, tout change, Claude BEZ décide alors d’embaucher un jeune entraineur qui a fait ses preuves du côté de Lyon, un certain Aimé JAQUET. JACQUET entrainera les Girondins de 1980 à 1989 et construira la grande équipe de Bordeaux. THOUVENEL, fidèle parmi les fidèles, traverse les années 80 avec les Girondins de Bordeaux sans escales. Il constituera avec BATTISTON, TRESOR, ROHR, TUSSEAU ou encore SPECHT la défense d’Aimé JACQUET pendant les heures de gloire des Girondins au milieu des années 80. 

Il sera champion de France en 1984, 85 et 87 avec les Girondins et il ajoutera également deux coupes de France à son palmarès (1986 et 87). Les girondins atteignent durant cette période deux fois les demi-finales de la coupe d’Europe (1985 en C1 face à la Juve de Platini et en 1987 en C2 face au Lokomtiv de LEIPZIG). Les 2 fois les Girondins peuvent nourrir de grands regrets. Face à la Juve après une défaite 3-0 à Turin ils font trembler les futurs champions d’Europe à Lescure, en remportant le match retour 2-0 et en bousculant les italiens jusque dans leurs derniers retranchements regrettant amèrement leur non match à l’aller. Des regrets aussi deux ans plus tard face au allemands de l’est, ils sont éliminé aux tirs aux buts après avoir encore raté leur match aller (défaite 1-0 à Lescure et victoire 1-0 à Leipzig). Durant sa période Girondine (1979-1991) THOUVENEL est un arrière droit exemplaire de régularité, durant ses 12 saisons en Gironde il jouera 399 matchs de division 1. En revanche il ne marque plus (5 buts seulement) même si il n’a rien perdu de sa combattivité et qu’il continuait de monter dès que l’occasion se présentait et ce même si on jouait la 90ème minute ! Un des meilleurs arrières latéraux de France des années 80, il ne s’imposera pas pourtant en équipe de France. Dans ses premières années bordelaises, HIDALGO ne le convoque qu’une fois et lui préfère Battiston qui évoluait alors arrière droit chez les bleus. En 1984 alors que la France devient championne d’Europe, Jean-Christophe THOUVENEL, cantonné au A’, sera du voyage à LOS ANGELES pour les Jeux Olympiques. 

Entrainé par Henri MICHEL, les français ne font pas le voyage pour rien, ils remportent la médaille d’or en battant le Brésil en finale (2-0). Une grande année pour le football français mais aussi pour les Girondins de Bordeaux champion de France et le destin pourrait même sourire d’avantage à THOUVENEL. En effet, tandis que les A sont champions d’Europe, HIDALGO tire sa révérence et Henri MICHEL lui succède, alors survient une brouille qui pourrait être bénéfique à Thouvenel. Max Bossis et Patrick Battiston, tous deux arrières droits de formation évoluent désormais libéros dans leurs clubs respectifs et veulent faire de même chez les bleus. Si les états d’âmes de chacun causent des insomnies au sélectionneur, il lui reste à trouver un titulaire pour le poste d’arrière droit. Malgré la régularité de THOUVENEL en championnat, en coupe d’Europe et la domination alors des Girondins, le sélectionneur préfère faire de William AYACHE son arrière droit pour la coupe du monde 1986, il est vrai que curieusement MICHEL convoquera beaucoup de canaris (ou anciens canaris) pendant son mandat, lui l’ancien pensionnaire de la Jonelière. Lors de la reconstruction de l’équipe de France après la coupe du monde 86, THOUVENEL refait quelques essais avec les A. En Aout 1986 pour le premier match post coupe du monde il a sa chance. Mais l’Equipe de France sombre en Suisse défaite 2-0. Il reviendra ensuite deux fois pour faire l’intérim de William AYACHE mais ne s’imposera jamais chez les bleus. 

Si THOUVENEL a fait une brillante carrière en club grâce à ses qualités de combattants et son engagement de chaque instant il souffrira, comme d’autres, d’avoir été au sommet pendant le mandat d’Henri MICHEL. Car le sélectionneur, en tant que joueur, était connu pour être toujours à le recherche du beau geste peut être même au détriment de l’efficacité. Ainsi durant son mandat il n’aura jamais réellement fait confiance à cet arrière besogneux, qui n’hésitait pas à tacler et à faire la faute s’il était dépassé. Alors certes je ne pense pas qu’i faut avoir dans son équipe 11 Vinnie JONES dans son équipe au risque de faire un Crazy Gang mais des joueurs comme THOUENEL était utile à une équipe et ça Aimé JACQUET l’avait compris, bien avant 1998.
Pour conclure sur la carrière de JC THOUVENEL, je me suis amusé à faire une petite paninomorphologie, c’est assez marrant de vois qu’en 15 saisons au plus haut niveau, le bonhomme s’est cherché un look capillaire. Un look de la moustache aussi.

PARIS 1979

BORDEAUX 1980

BORDEAUX 1981

BORDEAUX 1982

BORDEAUX 1983

BORDEAUX 1984

BORDEAUX 1985

BORDEAUX 1986

BORDEAUX 1987

BORDEAUX 1988

BORDEAUX 1989

BORDEAUX 1990

BORDEAUX 1991

LE HAVRE 1992

LE HAVRE 1993


















5 commentaires:

  1. Un des plus gros bourrins des années 80 et qui mettait ses lunettes à la fin de chaque match pour faire intello !!

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  2. mais il se battait comme un lion ;)

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  3. un joueur sous côté au niveau international, un titulaire indiscutable à Bordeaux, nettement superieur à Ayache son concurrent en équipe de France. MaisAyache était nantais comme Henri Michel le selectionneur de l'époque
    A Bordeaux un joueur parfois dur mais avec une qualité de jeu défensif et un apport offensif fiable et performant.

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  4. J'étais, gamin, supporter nantais, mais j'ai toujours trouvé Thouvenel comme le meilleur arrière droit français des années 80. Derrière lui il y avait des gars comme Ayache, Pilorget, Janvion qui était plus âgé et sur la fin. Thouvenel avait cette qualité d'être très bon défensivement et offensivement. Un latéral complet.

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